POV :)

" Entre 8 et 10 millions d’Indiens vont entrer tous les ans sur le marché du travail au cours des dix prochaines années ; l’économie du pays va donc devoir créer près d’un million d’emplois par mois jusqu’en 2025." Source https://data.worldbank.org/country/india

jeudi 21 mai 2020

Haro sur le baudet !

Dans la série "Votre opinion est un délit", il y a un type qui commence à sérieusement me râper les glaouis, c'est le genre d'article qui commence par ça :

 Là, ça sent la Gestapo à plein nez, ça sent la délation, l'arbitraire, ça pue le vestiaire de vigile, le berger allemand, le tonfa, bref tout ce qu'on aime quand on voir une république bananière se transformer en porcherie fasciste.


D'abord qu'est-ce qu'un propos haineux ? Ils ont un hainomètre, une définition ? Nooooon...  Ensuite ils sont impunis, ces propos. Ce n'est pas un propos qu'on punit, c'est bien leur auteur. Mais le lapsus est révélateur, il trahit l'attitude. Peu importe la personne, ce qu'il faut faire disparaître, c'est la trace.

Peu importe le citoyen qui est derrière, c'est la trace de son opinion qui doit disparaître.

Ben oui, mais ça msieu dames, c'est problématique. Parce que, mine de rien, derrière "le propos qui ne doit pas rester impuni", il y a tout de même un citoyen qui s'est exprimé. Eh oui, que son opinion plaise ou pas au pouvoir policier qui réprime, eh ben c'est un citoyen qui a exprimé son opinion, là, tout de même...

 Et alors là, accrochez-vous, on arrive au sublime, qui va décider de ce qu'est un propos haineux, qui décide si l'opinion d'un citoyen est exprimée ou pas ?

Eh ben les fournisseurs de bande passante, tiens, les techos, les ingénieurs informaticiens, ils ont été formés pour. Le sale boulot, examiner, trier, couper, au lieu de le prendre en charge comme un vrai boulot de justice et de police que c'est, on le refile aux autres. Ben oui, c'est un boulot de l'état, ce me semble, que de faire respecter les lois. Au début de l'Internet, tous les fournisseurs se défaussaient ainsi :" Nous fournissons de l'espace d'hébergement, ce que le client met dessus ne nous regarde pas".

Et c'est bien vrai. C'est comme si vous accusiez le propriétaire d'un appartement de ne pas avoir viré un locataire qui détournait de l'argent sur Internet. Vous, en tant que propriétaire, votre boulot c'est de maintenir le bâtiment, d'offrir les services au contrat, et d'encaisser les loyers. Vous n'allez pas regarder qui fait la pute et le macreau dans les apparts pour résilier le bail !

Eh bien c'est pourtant ce que ce gouvernement demande de faire aux fournisseurs Internet, leur boulot.

Donc ben, l’État, t'embauche des flics, des juristes et des juges, et tu fais ton boulot, tu te laboures les contenus, et tu soupèses, et tu évalues, et là tu demandes, sur décision de justice, la coupure au fournisseur, qui n'a plus qu'à tourner le bouton.


C'est quoi un site haineux, ça se reconnaît à quoi ?

Maintenant, on va s'approcher du fonds, ce qui fait bien grincer des dents les larves domestiquées à la pensée unique, lesquelles larves ont, bien ancrée au fonds de leur derche l'opinion que ce qu'elles pensent, c'est tout ce qu'il y a à penser. 

Par exemple, premier truc, moi j'ai envie de pouvoir lire la prose des intégristes islamistes. Oui, oui, les Al quaeda et autres affreux bouffis pourris, moi j'ai envie d'avoir accès à leur discours. Je veux pouvoir juger par moi-même de ce contenu et de ce qu'on doit en faire .

Alors ? Pas le droit ? On coupe avant de me faire lire ? Parce qu'on a décidé quoi ? Que je n'étais pas assez grand pour voir une bite de chameau, ou de déceler un mauvais argument ? Non, alors c'est quoi ? Au nom de quoi on me prive de consulter l'opinion de ce monsieur s'il lui plaît de me la donner ?

Si ce monsieur intégriste islamiste et moi avons envie d'échanger nos points de vue sur la vie, et nos arguments sur le port de la culotte à trous, en quoi ça regarde les pseudos-flics d'Orange ou de Free, vicariés par les hou-c'est-pas-beau-lislamistes.

Bien. Maintenant l'inverse. Pourquoi est-ce qu'on serait obligé de n'entendre que l'opinion des gens qui trouvent que les LGBT c'est vachement bien ? Si j'ai envie d'entendre les arguments des gens qui trouvent que les LGBT ça pue ?

Je suis obligé de dire que les LGBT c'est bien, mais si je pense le contraire ? Ah non, c'est pas possible ? Ah d'accord. Faut forcément trouver ça bien et dire que c'est bien. Un peu comme en Chine, en Corée du Nord, en Thaïlande, quoi.

Si je trouve que les LGBT c'est pas bien, alors Orange va me couper le site Internet. Pas question que ça paraisse.. Ah oui, un peu comme les trucs LGBT en Iran et an Afghanistan, pas question que ça paraisse. Voir à ce sujet la ridicule initiative de la télé néerlandaise.

https://www.causeur.fr/societe-diffusion-neerlandaise-nos-scandale-177278

Voilà, quoi, les censeurs à l'envers qui veulent obliger les autres à encenser les gouines et les pédés, vous nous cassez les couilles, laissez-nous parler. J'ai plus 8 ans pour qu'on m'envoie me laver la bouche avec des gros mots.

Les cons homophobes, c'est toi le gouvernement, et ton école et ta société et tes institutions qui les ont fabriqués, pas moi. Moi mes enfants ne sont pas homophobes, alors éduque les tiens correctement, et tu viendras te mêler de donner des leçons. Pour l'instant le fabricant d'homophobes, c'est toi, pas moi.

Parce que maintenant, on va en arriver au fonds. Moi ça me pose problème qu'il y ait 800.000 visites par jour. Moi ça me pose problème, la déferlante homophobe. Moi quand 800.000 citoyens disent quelque chose, j'écoute ce qui se passe, je ne demande pas aux salariés d'Orange de s'asseoir sur le haut-parleur pour étouffer le bruit.
Moi ça m'interpelle, 800.000 personnes qui parlent, ça me parle, ça m'éveille l'attention, et pour autre chose que penser à les faire taire, ou du moins qu'on n'entende plus leur opinion. 

Voilà ta principale faute, gouvernement, et tu nous fais et la refais depuis un demi-siècle avec l'immigration. Au lieu d'écouter ce que disent les gens, tu les traites de racistes, et tu te dis que ça finira bien par disparaître comme un vilain bobo. Quand les gens disent que c'est pas évident, la glorification de l'homosexualité, au lieu d'écouter, tu les traites d'ordure, tu fais des lois pour les faire taire, et on n'en parle plus.

Si, gouvernement, on en parle toujours, et on en parle encore, et on va en parler encore (1).  Ta société accentue les inégalités, tu sais très bien comment ça se termine, et tu traites ça comme le délit d'opinion de quelques délinquants. Tu te fous de la gueule du monde, gouvernement, tu sais très bien que tu laisses couver un feu qui va reprendre un jour de plus belle. 

Écoute ce que te disent les gens, gouvernement, regarde les vrais problèmes qu'il y a derrière, et traite les, au lieu d'essayer de museler le bruit que ça fait, avant que ça fasse un bruit de bottes. Je sais, t'en as rien à foutre, c'est bien ça le souci, en fait.

Entendons-nous bien, je ne dis pas cela au nom d'un ordre moral quelconque, ou d'une défense de la famille et des valeurs patin-couffin, comme en Hongrie, où il viennent d'interdire de faire enregistrer un changement de sexe à l'état-civil.

Tout simplement parce que je n'en ai rien à foutre, que les Hongrois, ou les autres d'ailleurs, soient trans. Ils peuvent tous se faire couper la merguez en long, je m'en tamponne dans les grandes largeurs. Je trouve ça aussi con d'être trans que d'interdire de l'être, puisque je n'ai rien à foutre de l'un et de l'autre, en égale proportion.

En revanche, ce qui me tape sur le système, c'est l'injonction à trouver ça bien.  Je trouve ça aussi con que d'être trans que d'être communiste, pro-syrien, antipalestinien, athéiste, marxiste, juif ou sud-américain. On "n'est " pas quelque chose pour la bonne raison que nous ne sommes rien. Nous sommes des zombies en perdition dans l'éther, s'apostrophant en vain, puisque nulle réponse ne vient jamais du crucifié qui gésit à quelques kilomètres de votre croix dans l'espace, et qui voudrait juste que ça finisse.

Donc je n'en ai rien à foutre, du mariage LGBT, et ça me casse les noix qu'on m'enjoigne de trouver ça bien. Qu'ils/elles se fourrent tous les godes de la terre dans le cul jusqu'à s'en faire péter la muqueuse intestinale, et bon vent. Mais qu'on ne me demande pas d'applaudir à ce cirque débile. Et j'aimerais bien avoir aussi le droit de le dire, puisqu'on en est à libérer la parole.
 
C'est le même problème ailleurs, d'ailleurs. Au lieu de se demander pourquoi des jeunes migrants sur la bretelle du périph' en arrivent à s'injecter du crack, on tape sur les dealers qui ont trouvé un business. C'est pas moral de dealer ? C'est pour les bourgeois qui ont "une bonne situation", la morale. Quand tu crèches dans une tente sous le périph et que tu te drogues pour oublier que tu fais le tapin, la morale c'est vraiment le truc qui sert à rien.

Au lieu de se demander pourquoi M. et Mme Toulemonde bouffe du Tramadol par paquets de 18, on interdit les opiacés. Ben ouais, voilà, le problème est réglé, et allez...


(1) Comme dit un mec dans Causeur : "

Ils [les pauvres] rêvent de rénover leurs écoles avant d’y installer des vestiaires unisexes. La nouvelle gauche s’est crue modeste en arborant ses diamants progressistes. Elle doit son existence à une immense qualité de vie qui risque fortement de s’évaporer. 

Après le crash, la bien-pensance perdra ses privilèges 

Même au Canada, il est loin d’être certain que la nouvelle gauche pourra poursuivre ses activités comme si rien n’avait changé. Dans ce laboratoire de la mondialisation heureuse, jamais les «progressistes» n’auraient pu parvenir à exercer un tel pouvoir sans les énormes fonds publics dont ils ont bénéficié. Encore à l’heure actuelle, des centaines de chercheurs universitaires y profitent de généreuses bourses consacrées à la promotion du multiculturalisme, du féminisme «intersectionnel» et d’une infinie variété d’autres utopies extravagantes. Comment justifier le financement de ces idéologues dans les mois, voire les années à venir? Ces sommes devront être redirigées vers la recherche en santé publique à défaut de ne pas être économisées par un État en faillite.

[...]
Les deux grandes tendances qui sortiront gagnantes de l’après-Covid-19 sont le courant écologiste en faveur de la production locale, du terroir, et la droite démondialiste désireuse de rétablir les frontières. Ces deux courants ne sont d’ailleurs pas incompatibles. Habituée depuis au moins trente ans à évoluer en marge des institutions publiques (universités, médias subventionnés par l’État, organismes culturels, etc.), la droite démondialiste pourrait profiter de la déconfiture morale et financière de ses adversaires pour prendre le relais. Elle pourrait tirer avantage de son accoutumance à la guérilla, alors que la nouvelle gauche se verra privée d’une partie de ses abondantes et faciles munitions institutionnelles…


mardi 14 janvier 2020

Chroniques crétiniennes

Un million, c'est le nombre d'albums posthumes de Johnny Hallyday vendus. Même s'ils ne descendent plus sur les rond-points, les gilets jaunes continuent de se manifester.

Un million, c'est le nombre de jeunes Indiens (de l'Inde brahmanique) qui entrent, chaque mois,

chaque mois,

pas siècle, ni année, non, "mois".

 (je répète pour que vous preniez bien conscience)

 sur le marché du travail. 

Chaque mois, c'est donc un million de nouveaux jeunes Indiens qui s'attendent à ce que, dans les années qui viennent,  le monde leur offre, en échange de leur dévoué travail après des études chèrement payées, un appartement ou une maison, une voiture, une télé, des vacances... La pente va être raide.

Peut-être que, comme le 11 septembre, certains préfèrent sauter dans le vide que de la subir. C'est pour moi une partie de l'explication quant à l'augmentation des décès par overdose de TSO aux USA.

A propos d'Inde, voici une magnifique connerie produite par nos amis Turcs pour inaugurer en beauté l'année 2020 :


 Il s'agit d'un lotissement d'environ 350 baraques à 500.000 euros pièce qu'un promoteur turc s'est mis dans l'idée de construire. Look entre "renaissance en bords de Loire" et Disney.


Hélas, le projet est aujourd'hui abandonné et le promoteur en faillite  "après que des clients, qui avaient payé pour les maisons qu’ils avaient achetées, n’ont pu honorer leur paiement."
(nda : ils avaient donc moyennement "payé", mais bon, passons, c'est de la traduction uber sans doute)

À l’origine du problème, selon Mezher Yerdelen: les difficultés rencontrées par les investisseurs du Golfe, liées notamment à la chute du prix du pétrole (1), ainsi que «l’impact négatif des fluctuations économiques sur les prix» du BTP en Turquie".


Les "fluctuations économiques"... Ce que je trouve marrant, c'est que personne ne signale l'énorme, l'aveuglante, la qui-crève-l'écran connerie du projet. D'un autre côté c'est bien ainsi : nous sommes le seul media à révéler ce que les autres ne voient pas.

La connerie à perte de vue

D'ailleurs, le signe distinctif de notre ère, c'est le regalinudisme, néologisme que je forge pour dire ce qui est conté dans Les habits neufs de l'Empereur. Le roi est nu, mais personne ne le dit.A la place, on dit une galéjade.

Alors je vais en collectionner les signes. En voici un, tiré de la même page :


Non, le secteur ne connaît pas un "coup de mou". Il accompagne l'effondrement de notre civilisation.

J'aime bien les commentaires de l'article qui suggèrent de mettre les migrants dedans :)

Sinon, sa mère a eu le courage, après de nombreuses années l'incitant à le faire, de demander à une quelconque garce de 17 ,équipée de milliers de francs de chaussures de sport, de daigner participer à la vie de la maison en mettant la table, effort qui semble à la portée d'une personne qui exige d'être accompagnée, qui au tennis, qui au jiu-ji-tsu, tellement elle a d'énergie à dépenser.

Voilà le résultat :


Temps passé, : 10 secondes, histoire de ne pas tomber dans la déchéance de paraître travailler plus que sa soeur,  qui mettra 8 secondes pour enlever son assiette avant de retourner dans sa chambre regarder les potins de Cyprien sur "comment s'enlever les crottes de nez pour plaire aux garçons quand on est une fille" ou bien "Suis-je vraiment bi dans ma tête de conne, et ou se mettre un doigt pour le savoir", pendant 6 ou 7 heures.

Son imbécile de mère, trop occupée à jouer sur son Iphone à 4000 francs, ne contrôle bien entendu jamais la qualité de l'objectif donné. Elle complétera sans rien dire.

"Elles sont fatiguées, elles se lèvent tôt pour aller au collège". C'est surtout qu'elles se couchent tard...










Franchement, à 16 ans, y'a mieux à faire de ses nuits, non ?


Toute remarque sur ces processus vous attirera les foudres de la mère "Mais arrête de les embêter", et des "On est en mode week-end" des petites ordures qui s'engouffrent dans la brèche avec un instinct de femme en construction. 

Une civilisation de ce genre n'a plus que quelques années à vivre. J'en observe avec délectation l'agonie. Mais ne me demandez pas de m'y intégrer, quand ce n'est que pour dire "amen" aux conduites les plus putassières de votre lâcheté.


(1) Vous l'avez sentie, vous ?

samedi 14 décembre 2019

Fly Air Connerie

Selon le Journal du Dimanche (JDD), Air France devra confirmer ce mardi l’acquisition de 50 à 70 avions Airbus A220 pour son réseau court et moyen-courrier, et une option d’achat pour d’autres appareils du même type.
Publié le 
l'essentielAfin de remplacer les A380 qui vont progressivement sortir de sa flotte, Air France a choisi l'A350. Dix nouveaux appareils sont achetés auprès d'Airbus. Ils s'ajouteront aux 28 déjà commandés.


samedi 30 novembre 2019

Jusqu'au vout du biol

 D'abord, une putasserie qui m'a terrassée, et que j'ai trouvée dans ce blog. Je ne sors pas souvent dans le monde, et grand fut mon choc en constatant que la Mairie de Paris n'hésite plus à accrocher en guise de banderoles de Noël, des calicots publicitaires aux arbres des avenues. 

 

La putasserie a tellement tout envahi qu'on ne la voit plus là où elle est. Ils ne la voient plus. Une marque de merdes industrielles qui déshonore le chocolat peut défigurer à loisir un lieu public de son logo, et ce avec la bénédiction des autorités. C'est proprement sidérant... C'est un peu comme un qui s'éveillerait avec les Champs pavoisés de croix-gammées et qui se dirait : " J'ai dû rater quelques épisodes".
Ils ont eu quoi en échange ? Les banderoles gratuites, un portrait de l'ambassadeur en chemise brune, une boîte de chocolat et un doigt ? Crétins...


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"De nos jours, on ne peut plus se parler normalement, tant il y a de loups à nous hurler dans les oreilles"
 Marc-Aurèle


Et c'est un peu ce que je me disais en pensant à toutes ces actrices qui ne sont pas montées pour la 45è fois de suite dans la chambre d'un critique de cinéma connu pour baiser les comédiennes en échange du rôle qu'il leur obtenait, pratique aussi vieille que l'humanité, et ce après l'avoir allumé toute la nuit en boîte. 

Pourquoi on ne les entend jamais ? Elles sont pourtant plus nombreuses que les autres, non ?  
Toutes ces actrices qui ont dû s'accrocher, se battre par d'autres moyens que de coucher, avec leur talent pour seule arme, car elles savaient très bien que le type n'allait intervenir que si elles couchaient avec lui. 

Pourquoi on ne les entend jamais ? Elles sont pourtant plus nombreuses que celles qui ont accepté de monter dans sa chambre en échange du rôle et en espérant échapper au coup de queue.
Elles savaient très bien qu'après être monté dans sa chambre, avoir minaudé en se déshabillant plus ou moins, elles hurleraient pour ameuter l'hôtel au moment où il leur mettrait la main entre les cuisses, et se disaient donc raisonnablement : " Ce n'est pas la peine d'aller jusque là pour ça".

Alors les autres, celles qui savaient très bien ce qui allait se passer, porter plainte pour viol en redescendant l'escalier... 

J'ai bossé dans une pizzeria, je vous assure qu'il y a des clients, heureusement pas souvent, qui bouffent tout le plat jusqu'à la dernière miette, saucent l'assiette, et là vous appellent pour faire un scandale devant tout le monde comme quoi leur pizza était infecte, pas cuite, véreuse, et qu'ils refusent de la payer. 


 Pour la première fois au monde, le viol par vociférations a été reconnu comme un délit.

Le 11 juillet dernier, la Cour suprême suédoise a été confrontée à sa première affaire de viol par vociférations. L’accusé était un homme de 27 ans ayant eu une relation sexuelle consentie avec une adolescente. Il avait rencontré la jeune femme dans un bar et lui avait proposé après plusieurs rencontres de passer la nuit avec elle. La jeune femme a accepté, elle a déshabillé le jeune homme, elle l'a masturbé pour l'exciter. Elle a reconnu être très excitée par la situation, toute mouillée et haletante d'impatience. Elle a crié "oui, mets la moi toute, ta grosse q" avant de s'emparer du sexe de son partenaire, de se l'introduire et de pousser ses hanches contre lui pour qu'il la pénètre à fonds en criant "Ah oui b-moi, démonte-moi ! ".
Cependant elle a expliqué ne pas vouloir avoir de relation sexuelle pendant laquelle l'homme se met à crier "Ah ma bonne s..., je vais t'en donner, je vais te défoncer la r..., je vais te démonter les vertèbres". Le jeune homme a donc été condamné pour viol."

 Ah là là, mais non, c'est pas vrai ! Heureusement, notre équipe de rédaction a débunké pour vous cette fake news, et a pu vous prévenir à temps qu'il s'agissait d'une fausse nouvelle. Heureusement, nous avons pu dénoncer le site aux autorités, qui ont envoyé la famille des délinquants en camp de redressement. 

Voilà la vraie histoire :

Pour la première fois au monde, le viol par négligence a été reconnu comme un délit. Désormais, en Suède, un personne peut être jugée pour viol si le partenaire sexuel n’a pas clairement stipulé de non-consentement.

Le 11 juillet dernier, la Cour suprême suédoise a été confrontée à sa première affaire de viol par négligence. L’accusé était un homme de 27 ans ayant eu une relation sexuelle non consentie avec une adolescente. Il avait rencontré la jeune femme sur les réseaux sociaux et lui avait proposé après plusieurs rencontres de passer la nuit avec elle. La jeune femme a accepté, cependant elle a expliqué ne pas vouloir avoir de relation sexuelle. Or, une fois dans le lit, l’homme a commencé l’acte. Sous le choc, l’adolescente était incapable de bouger ou de parler.
Ce détail a joué un rôle majeur dans l’affaire. Pour que le geste ne soit pas considéré comme un viol, l’homme aurait dû interroger sa partenaire ou attendre qu’elle réagisse. « Le fait que la plaignante et l’agresseur se soient allongés dans le même lit et qu’ils n’aient été vêtus que de sous-vêtements ne veut pas dire que la plaignante a été volontaire pour des actes sexuels », comme le stipule le rapport de la Cour suprême.
La victime n’ayant pas pu émettre son non-consentement, son agresseur a été condamné. La peine encourue était à l’origine de 8 mois de prison.


Toutefois, celle-ci a été allongée à 2 ans et 3 mois de prison car l’homme était connu de la justice pour d’autres délits sexuels dont des viols d’enfants.

Moralité : S'allonger en sous-vêtements dans un lit avec un inconnu violeur professionnel, c'est risquer de s'en prendre un coup. Cela lui aura échappé. Autre défaut d'éducation, sans doute.

vendredi 25 octobre 2019

Viol : la rhétorique jusqu'à la garde.

Ce quinquennat aura inauguré une nouvelle ère, celle de la baise par la parole. Jusqu'ici, le peuple était bien baisé par les actes : on lui promettait des choses, et on faisait le contraire. 
Mais voilà que les politiques ont entendu la leçon : on leur a reproché de faire sans concerter, ils concertent. On leur a reproché de décider sans consulter, alors ils consultent. 

Seulement voilà, la communication, c'est un métier. Donc, on chantourne les questions et la présentation des documents de façon à baiser le peuple, et à le faire répondre dans le sens souhaité. 

Exemple merveilleux : le revenu de base. Déjà, à la base, on le renomme revenu d'Activité. Avant il était inconditionnel, maintenant il faut faire quelque chose (mais quoi ?) pour l'avoir. Quoi ? Mais du TRAVAIL, voyons, ce merveilleux TRAVAIL dont tout le monde rêve.




Ensuite, un exemple avec une des mesures proposées. A la rubrique "Encourager", hue tas de feignants, la reprise d'activité. Comme si on avait besoin d'un exploiteur pour bouiner, comme si les gens qui ont le temps de faire ce qu'ils veulent, on les retrouvait au lit :D

Foutage de gueule pour amener cette belle phrase, cette perle de la doxa de la réintégration forcée en camp de travail : "Faire en sorte qu'un allocataire retrouvant un travail gagne systématiquement davantage à la fin du mois".

Le " systématiquement " vise les feignants éhontés qui gagnent plus à ne rien faire. Mais c'est surtout déjà un "allocataire", un pauvre à qui on distribue la soupe, ça sent bon son mimimassossio, ça "allocataire", ça pue l'assisté. 

Ensuite retrouvant, pourquoi "retrouvant", comme si on en avait déjà eu un, et qu'on souhaite y retourner ?

Le " retour au travail", ah, le retour d'exode, le retour à la terre, le retour au bercail, le bon peuple qui revient vers son banc de nage, l'exploité rêvant de revenir à ses chaînes. Rêve d'exploiteur.

Ensuite un "travail", c'est quoi ? C'est par exemple assembler des voitures diesel qui détruisent la planète, et qu'on pourra acheter parce qu'on fera du crédit aux insolvables, ce qui détruit l'économie. Et on peut faire cela pour une bonne partie des "emplôas" inventés au XIXème siècle : ils sont une ruine pour l'humanité, et concourent à la disparition brutale de notre civilisation.
Enfin, gagner davantage pour acheter quoi ? Encore un autre jeu Nintendo, encore un abonnement à Netflix, de nouveaux écouteurs MP3, encore une paire de basket à la mode ? Non, rien de tout cela n'est utile, donc inutile de gagner plus.

Pour toutes ces raisons, il ne faut surtout pas que le retour au travail paye, car c'est la Terre et la Nature qui payent, en fait. Ce sont les peuples qu'on exploite, les pays qui ont des ressources vous le diront. On paye la famille du dictateur et le reste du pays est dans la misère.

Et par votre "travail" ici, vous contribuez à cette chaîne honteuse de corruption, de prévarication, de destruction de la planète. Donc PAS DE RETOUR au TRAVAIL. 

On ne retourne pas au travail parce que, déjà, on n'y va pas une première fois.

En effet, vous constaterez qu'on fait l'équivalent entre "retour au travail " et "retrouve un emploi". On avait perdu un emploi, il trainait sous une commode, mais on l'a retrouvé. C'est dommage, parce que si l'économie avait supprimé cet emploi, c'est qu'il n'était plus rentable. Inutile donc de ramener ce pauvre homme à ses fers, en subventionnant son emploi, qu'on le laisse tranquille.

Ne pas travailler, c'est éviter de piller les ressources naturelles de la planète.

Les gens ne veulent plus payer d'impôt, mais ils veulent qu'on leur paye des hôpitaux.

 Ne pas travailler, c'est arrêter d'exploiter les peuples des autres pays.

Les gens ne veulent pas payer d'impôt, mais ils veulent qu'on leur paye des écoles.

 Ne pas travailler, c'est arrêter de verser des lubrifiants dans les rivières.

Les gens ne veulent pas payer d'impôts, mais ils veulent des villes bien entretenues, bien éclairées, des routes et des rues propres et sûres, bien balisées.
Ne pas travailler, c'est respecter le silence de la nature et l'habitat des oiseaux.


Les gens ne veulent pas payer d'impôt, mais ils veulent des services publics gonflés à bloc, une préfecture tous les cent mètres, avec une douzaine d'agents à leur service pour traiter leur dossier dans la minute. 

Ne pas travailler, c'est pouvoir vivre à son rythme en écoutant ses voix intérieures.

Les gens ne veulent pas payer d'impôt, mais ils veulent une hôpital devant leur porte, avec restaurant 3 étoiles, canal plus à la télé et room service d'une douzaine d'infirmières. 

Ne pas travailler, c'est pouvoir faire des choses intéressantes (lire, aller au cinéma...) 
au lieu de laver du linge sali par des ouvriers du textile.

Les gens veulent ne rien foutre, mais qu'on leur paye un salaire leur permettant une vie confortable, et qu'on prenne en charge leur loyer, ainsi que les frais qui plombent leur budget vacances (énergie, bouffe...). Le gouvernement devra donc faire le nécessaire auprès d'EDF et des restos du cœur, afin qu'il nous reste un max de pognon pour payer les Nike, Netflix et l'Audi que les esclaves chinois ont fabriqués la nuit.

Ne pas travailler, c'est pouvoir se reconnecter à la Nature, mais surtout à soi-même. C'est renouer avec les passions enfouies avec rancoeur pour aller servir, la rage au ventre, l'industrie à canons. C'est laisser s'exprimer sa créativité, faire profiter les autres de plus de création artistique, de plus de beauté. C'est une société où chacun et équilibré et heureux au lieu d'être frustré et haineux, déprimé, agressif...

Et cela n'est-ce pas le but de la construction d'une société ? Alors, cessons de nous entre détruire, ayons le courage d'ouvrir les yeux et d'accepter l'harmonie que l'univers nous propose. Non, je ne veux pas construire de voiture bruyante et polluante, et je peux très bien attendre qu'un cheval me livre mes chaussures, je n'ai rien à foutre qu'un drone d'Amazone vienne polluer mon ciel pour m'apporter une paire de baskets toutes les deux heures. 

Vous trouvez ces arguments diversifiés ? C'est de l'honnêteté intellectuelle. Moi je vous donne les éléments, et je vous laisse décider librement. Je ne suis pas là pour conclure à votre place, je suis là pour vous donner des éléments de réflexion factuels sur des choses auxquelles vous n'auriez pas forcément pensé à mettre dans la balance. 

La prime gigantisme du mois va à la fayotte suivante :  La citrouille géante de Yayoi Kusama est installée place Vendôme pour la ... le Grand Palais à Paris à l'occasion de la Foire internationale

 J'espère qu'elle fait au moins 50 mètres de haut, qu'elle pèse ses deux tonnes et qu'il faut une grue pour la soulever, que ce soit de l'art, quoi.


jeudi 26 septembre 2019

A quand les Chinois qui se réveillent...

Alors moi déjà, quand mon téléphone me demande de se localiser, j'appuie hargneusement sur le bouton "non", en espérant que ça lui fera mal. Comme vous pouvez le constater, je multiplie les pseudos afin que cette saloperie de machine ne me repère pas. Et je ne désespère pas un jour de réussir à abandonner l'usage du téléphone mobile, ce qui signifie une désinsertion sociale forte, ce qu'on aurait appelé autrefois une clochardisation.
Ce sera pourtant à la Diogène, un exil volontaire du système. 

Alors quand j'entends cette émission https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-idees/lia-menace-t-elle-la-liberte-individuelle,  là je grimpe au plafond en mitraillant tout comme les fétichistes cuir dans Matrix, je dézingue tout je deviens folle. 

Je veux bien que dans l'optique confucianiste, l'individu soit l'ennemi du groupe, et que leur idéal soit de marcher comme un seul homme tels les travailleurs de Metropolis, mais ce que ces crétins oublient, c'est que comme ils n'ont jamais appris à penser, leur optique est débile. Tout l'intérêt qu'ils pensent tirer de leur organisation, c'est de fabriquer une Chine puissante. Mais ce que ces crétins n'ont pas appris, c'est que la Chine, ça ne veut rien dire, et que les seules choses à qui ils donnent du pouvoir en se laissant décérébrer, c'est la classe des flics et des business men. 

Ce que ces crétins oublient également, c'est qu'une fois que le flic nazi a réussi à implanter dans ton cerveau une puce pour t'empêcher de penser, il ne va pas l'arrêter pour te demander ton avis. C'est donc un choix irréversible, à preuve d'ailleurs la domination dans laquelle s'enfoncent toujours plus profondément ces crétins.

Quand la Chine s'éveille, des milliards de crétins s'endorment, mais ils enrichissent leurs flics et leurs matons, c'est ça le problème. On est ruinés par des crétins qui travaillent jour et nuit sans être payés, et qui affichent sur les rézosaucissonsosscio combien ils sont ravis de se faire botter le cul, fiers de participer à la décérébration collective, heureux de se faire transformer en rat, et combien ils marchent droit ? Vivement qu'un mec hacke le système et les fasse sauter de la rocher de Solutré (ils doit y avoir l'équivalent là-bas), on sera débarrassés de leurs merdes en plastique et d'ouvriers qui acceptent n'importe quel salaire et tirent les prix vers le bas, on sera débarrassé de cette peste planétaire et innombrable que sont ces crétins décérébrés.

Je suis le Chinois abouti, je fais tout ce que me dit mon téléphone.Je suis le Chinois idéal, je travaille bien et j'affiche mes bonnes notes.
Je suis le citoyen idéal, qui ne songe pas à discuter les ordres de la police ou les itinéraires d'Amazon.


Il paraît qu'à force de suivre la boule bleue de leur GPS, les chauffeurs ne réfléchissent plus et attendent qu'on leur dise où aller. C'est intéressant, cela veut dire qu'on n'aura pas besoin de leur implanter un bouton stop, il suffira d'arrêter la boule bleue sur l'écran du téléphone et ils resteront immobiles, les bras ballants, en attendant que la boule bleue reparte, les autorisant à bouger à nouveau. 

Donc le mec qui ne suit pas la boule bleue et qui prend son propre itinéraire, il fout la grouille dans l'idéal calculé par l'ordinateur pour que les rats portent le plus vite possible le colis Amazon à destination. Donc le gars qui prend son propre itinéraire devient un délinquant. Et donc la question devient : " Est-ce que le gouvernement devra obliger les gens à se connecter à la boule bleue ?"

Je pense que ce sera comme dans Minority Report, tu monteras dans la voiture, et elle ne te demandera pas ton avis, elle t'emmènera directement chez les flics.

Tu ne pourras plus sortir de chez toi  si tu as eu de vilaines pensées, ton implant cérébral le transmettra à la police qui verrouillera à distance ton appartement, et enverra un logiciel de remise aux normes dans ton cortex cérébral.
En attendant que ce programme fasse effet, l'ordinateur central verrouillera ton appartement pour que tu n'ailles pas répandre des idées négatives chez tes voisins.

Je prie pour qu'un mec avec un gros flutiau virtuel les emmène se noyer, cette masse de crétins dangereux. Ils sont dangereux pour l'humanité, pour tout ce qui lui a permis d'avancer jusqu'ici. Maintenant dans les voitures, ils te forcent à mettre les ceintures de sécurité, mais c'est pour préserver un individu semblable à tous les autres, du consommable. 

Si on veut préserver l'humanité, laissons les gens faire ce qu'il veut. On apprendra aux enfants qu'il ne faut pas s'approcher des bassins. Y'aura deux trois morts, mais ça évitera des enfants décérébrés qui portent un casque des fois qu'ils se cognent aux montants lit.

On apprendra aux enfants qu'il ne faut pas frapper son semblable. Y'aura deux trois morts, mais ça évitera des millions d'endoctrinés à la Boko Haram. 

Entre le rat chinois et le chien africain, on est gâtés sur cette putain de planète.



vendredi 9 août 2019

Ce qui est à l'oeuvre (OIT)

Je mets cet article, pourtant calme, dans Alerte Rouge parce que je réalise que la réaction de la population se fait avec une telle hystérésis que c'est maintenant qu'il faut tirer le signal d'alarme sur des faits qui sont en apparence insignifiants, comme par exemple les "ordonnances Macron", qui prolongent la loi El Khomry.

"Il n'est pas de paix durable sans justice sociale", telle est l'idée qui a présidé à la création en l'OIT en 1919. Pour mieux comprendre la destruction qui est à l’œuvre aujourd'hui, cette compétition suicidaire des pays les uns contre les autres dans une lutte fratricide d'états devenus de simples entreprises concurrentes, on peut écouter cette émission d'Antoine Garapion avec Alain Supiot, et se dire que peut-être, la victoire des crétins n'est pas une fatalité. Même si hélas elle est sciemment organisée.

Évidemment, cela vous fait ricaner, quand on parle de destruction, de catastrophe. C'est parce que vous n'êtes pas sous les bombes en Syrie, bande d'imbéciles, que vous pouvez vous permettre de sourire quand on vous parle des mécanismes qui sous-tendent la destruction des sociétés.

J'aime cette belle idée que la société traite le travailleur comme un élément du modèle dont elle dispose pour le rapport au travail. Autrefois l'esclavage, hier l'engrenage d'une machine industrielle, aujourd'hui un robot programmable.

Je retiens la citation de Bacon (le philosophe, pas le peintre) :" L'argent c'est comme le fumier. Si on le met en tas, cela crée des nuisances. Si on l'épand, on en retire des bienfaits."

Autre émission à écouter, Avis Critique. Le mieux est encore que je vous colle le texte du site, pour si vous n'allez pas écouter l'émission.


Postcritique - dirigé par Laurent de Sutter

Deuxième temps de l’émission je vous propose de nous pencher maintenant sur le livre collectifPostcritique, dirigé par Laurent de Sutter et publié dans la collection « Perspectives critiques » qu’il dirige aux Presses universitaires de France. Depuis un certain temps, Laurent de Sutter qui est professeur de théorie du droit réunit dans cette collection des auteurs comme Mark Alizart, Johan Faerber, Pacôme Thiellement ou Marion Zilio qui chacun dans leur domaine – philosophie, théorie littéraire, cinéma, art contemporain – proposent des essais qui dynamitent le contemporain.
Ils sont donc réunis avec d’autres, les philosophes Dorian Astor, Emanuele Coccia, Tristan Garcia et Camille Louis… auquel il faut ajouter pour être complet un texte traduit de l’Allemand d’Armen Avanessian… pour faire exploser ce totem de la pensée contemporaine. L’attitude critique nous rend bête. C’est en substance ce que ce livre manifeste entend démontrer. Elle nous rend bête parce qu’elle nous place en surplomb et confère une force démesurée par rapport à ce qu’on prétend juger. Pourtant elle est aujourd’hui dominante : on ne pouvait pas ne pas en parler dans une émission intitulé Avis Critique. 
L’entreprise est audacieuse, et pas toujours évidente à faire tenir tant les dix textes proposés sont de nature différentes, se penchent sur des objets variés qui vont de la philosophie au droit, de la littérature à l’art contemporain… Il y a tout de même des invariants comme l’idée selon laquelle la critique est d’abord une façon de se positionner face au monde, qui fait primer le sujet sur l’objet… mais qui échouerait à transformer le réel, à créer. C’est l’origine de la proposition « postcritique », sortir de la négativité de la déconstruction pour aller vers autre chose. Mais quoi ?
Tous les textes de ce livre (qui sont très différents) ne sont pas là pour dire ça ne sert à rien de critiquer une oeuvre ou de la discuter. [...] Tous les auteurs défendent l'idée qu'il faut déplacer la critique non pas pour venir après elle [...] (dans un sens spatial et temporel). Le livre défend à la fois un constructivisme et un perspectivisme. (Joseph Confavreux)
Il y a un esprit de sérieux dans cet ouvrage, une certaine arrogance qui souvent arrive à un résultat très abscons, verbeux et un manque d'analyse concrète des situations concrètes. Pourquoi ? A la fin  on se pose encore la question. (Joseph Confavreux)
Ce manifeste  "Postcritique" est ambigü (sic)car il réactive une tradition de pensée d'écriture qui le précède. On peut imaginer que Julien Gracq ou d'autres le faisaient déjà et comme le dit Dorian Astor ce qui l'intéresse dans "la postcritique" c'est de dénoncer le discours qui viendrait  délégitimer des savoirs, lui préfère l'idée de dessiner des dégradés aux lignes de démarcations [...] L'un des enjeux de ce manifeste c'est de défendre d'autres manières d'aborder le monde en pensant avec lui et non contre lui, de dépasser des concepts et de renouveler la manière de travailler. (Jean-Marie Durand)

Autre sonnette d'alarme qui m'est venue et que j'intitule " Pourvu que mes amis n'aillent pas penser que je ne pense pas comme il faut !"

Autrefois on attachait une cloche au cou des pestiférés. Ainsi, avant même de les voir, le bon peuple pouvait détaler et ne pas être contaminé. On procède toujours ainsi pour les gens qui risquent de contaminer les autres et les amener à ne pas penser comme il faut. De peur que le bon peuple entende une avis différent que ce qu'il faut répéter, on vous attache au cou le mot d'antisémitisme. A votre approche, le crétin du Saint Pauple de Gauche se bouche les oreilles et s'enfuit en criant "Antisémite, antisémite !".

Cela permet d'éviter que le mouton bêlant n'aille, par honnêteté intellectuelle, voir sur le site de l'humoriste de quoi il retourne. Le risque est grand qu'il n'y trouve qu'un antisionisme de bon aloi. Le risque est surtout qu'il découvre pourquoi il faut penser et parler correctement, et qui a intérêt à ce qu'il continue à bêler à l'antisémitisme.Il pourrait entendre une histoire des Etats-Unis qui, pour caricaturale qu'elle est, incite à la prudence.

Pire encore, il risque de découvrir qu'on vit dans une société de moutons bêlants qui laissent les leurs partir à l'abattoir de l'arbitraire, pourvu que mes amis ne pensent pas que je ne pense pas comme il faut ! Ils pourraient me dénoncer.

Moi en plus de l'étoile jaune et du triangle rose, je porte le carré blanc de ceux qui revendiquent le droit de penser ce qu'ils veulent et de le dire sans risquer l'accusation automatique de déportation.


Et puis ce n'est pas grave, si je me trompe un peu, l'essentiel est que mes amis n'aillent pas penser que je ne pense pas comme il faut. Qu'est-ce que la probité intellectuelle en face de la Shoah ? Est-ce que les nazis étaient honnêtes intellectuellement ? En matière d'antisémitisme, tous les coups sont permis car la cause est sacrée.

" Pourvu que mes amis n'aillent pas penser que je ne pense pas comme il faut !" Mais je ne risque rien, allons rassure-toi, j'ai bien crié "antisémite" plusieurs fois de suite en me bouchant les oreilles avant qu'il ne se mette à parler, comme on m'avait dit de le faire.

" Pourvu que mes amis n'aillent pas penser que je ne pense pas comme il faut !", mais non, ça va, pas de panique, je me suis bien enfui en courant en criant "antisémite" sans écouter ce qu'il disait. J'ai fait comme il faut, j'ai fait comme on m'a dit. Pour les Huttu et les Tutsi, c'est quoi qu'il faut dire déjà, je ne me souviens plus ?

Ils me font penser à ces poupées qui ont un bouton dans le dos et qui récitent un message quand on appuie sur le bouton. Au siècle dernier, c'était Céline. Dès qu'on prononçait le mot, les poupées criaient "Antisémite, antisémite", du coup, impossible d'échanger quoi que ce soit sur le contenu ou le style de -Antisémite ! Maintenant, c'est Dieudonné qui a pris le relais. Dès qu'on entend son nom, il convient de hurler - Antisémite, autant de fois qu'on aura appuyé sur le bouton.

Cela ma rappelle un collégien de mes amis que j'aidais à chantourner un exposé sur je ne sais quelle connerie autour de la lutte contre les genres, thème à la mode aussi dans le genre bouton. C'est pas forcément - Homophobe ! On peut se demander dans quelle mesure - Homophobe ! et nous envisagions, mon jeune ami et moi, de tenter une comparaison avec l'oppression des noirs. Impossible, me dit-il, dès que j'aurai prononcé le mot "noir", la moitié de la salle se lèvera pour quitter l'amphi en hurlant "raciste" et ils n'entendront pas la fin de la phrase, mais j'aurai perdu la moitié de l'amphi.

Vu que le défi était plus ou moins de conserver l'attention des ados plus de vingt secondes sans qu'ils écrivent "lol BG " sur leur téléphone portable, ce n'était pas une bonne idée.

Le problème, c'est qu'il était sérieux, ce que j'ai eu beaucoup de mal à croire, mais il est vrai que je visite peu les collèges depuis que j'ai laissé tomber l'éthologie des primates. Et encore est-ce une insulte à ces nobles animaux.

On voit ici que l'important n'est pas de penser correctement mais d'avoir raison, et pour cela, de dresser les populations à hurler un slogan de façon à couper la phrase de l'adversaire entre 2 et 5 secondes après son début, sans en avoir écouté le contenu.

Si je m'attarde aussi longtemps là-dessus, c'est parce que le problème est brûlant, et que même si ses signaux restent faible, il y a de quoi alerter. Nous sommes en train de redescendre une montagne que nous avions mis des siècles à gravir avec peine. Comme disait je ne sais plus qui à propos de l'eugénisme, nous "dévalons le toboggan sans aucun garde-fou", et même s'il aurait fallu écrire "nous avalons", il en va de même pour le domaine intellectuel.

Aucun OIT ici, il me semble, pour servir de garde-fou contre cette tendance belliqueuse à faire de toute conversation le terrain d'une bataille qu'il faut gagner. Michèle Triballat la dénonçait en l'appelant "hémiplégie de la réflexion".
L'hémiplégie a lieu dans les cercles instruits, pendant que l'autre moitié du cerveau, terrain délaissé, est irrigué à toute pompe par les populismes.

Et c'est bien sûr cette certitude qui me donne la force de monter au créneau à chaque fois. Plus vous abondez à cette attitude qui consiste à répondre à un argument par un slogan, plus vous asséchez votre propre terrain, vous en faites un désert où l'adversaire pourra se déployer à peu de frais, c'est cette évidence aveuglante que vous ne voyez même plus, parce que vous avez abdiqué votre droit de regard sur votre propre pensée !

Ah si, il y a une autre attitude en cours, c'est la répression. Comme on interdit les magazines porno aux mineurs, on interdit les spectacles. Même s'il est louable de se préoccuper des mille crétins qui sont venus écouter un pauvre bougre qui leur prend leur argent, la solution ne sera jamais la quarantaine. Bouchons-leur les oreilles, que le chant des sirènes n'aillent pas nous ravir notre clientèle électorale. Peu importe qu'on laisse ces salopards continuer de mettre en œuvre ce qui a amené là le public. L'important est que le pognon et les votes leur reviennent.

Et de ces salopards dont vous vous faites le bon petit soldat en criant "Antisémite !". Croyez-bien qu'ils sont les derniers à se préoccuper de la question. Pour eux une personne c'est un bulletin de vote sur pied, et on se contrefout de son opinion pourvu qu'il vote comme il faut. C'est de ces gens là dont vous vous faites complices. Vous leur permettez de commettre encore cinq ans de plus les crimes qui amèneront au pouvoir les vrais antisémites mon pauvre, ceux qui ne rigolent pas avec la question.

Mais peut-être avez vous peur de découvrir qui sont vos vrais amis ? Peut-être avez-vous peur de découvrir que vous avez besoin de votre couverture d'ami de tout le monde histoire de vous exonérer de l'examen de leur conduite ? Ce serait tellement bête de découvrir qu'un gueux délinquant qu'on vous a montré du doigt, qui sort du bagne et ne peut vous apporter que des poux est d'une honnêteté intellectuelle préférable à celle de ceux qui peuvent vous rapporter gros.

Ce serait bête de devoir vous obliger à choisir votre camp dans ces termes. Car enfin, c'est bien ce qu'on a toujours demandé aux collabos, de savoir choisir le bon camp. Il suffit d'écouter hurler les loups.

Les questions de haine diverses qu'on utilise pour diviser le peuple, en faire des fractions qu'on élève les unes contre les autres, les sémites contre les tapissiers, les Dupont contre les Wallons, pour soulever les tamuls contre les Tutsi, les moulenga contre les bambara, les crétins contre les Juifs, toutes ces questions ne sont que des outils dans la boîte à outils de gens infiniment plus dangereux que les brebis galeuses qu'on vous désigne du doigt et après lesquelles vous aboyez fidèlement.

Ce qui me chagrine, c'est que bien souvent c'est inconscient. Vous ne réalisez même pas qu'on vous a endoctrinés, et vous pensez penser, et agir selon vos convictions.On n'a pas oublié, dans le programme qu'on vous a implanté, d'implémenter les fonctions de protection du programme. Et le chagrin, ça me fatigue, et de vous voir zombifiés (1), ça me déprime. C'est pour ça qu'après avoir tenté de vous enlever la prise et m'être fait mordre, je vous souhaite une bonne soirée dans un chaos après tout millénaire. Personne n'a réussi avant moi, et il n'y a aucune chance que j'y arrive. Dès que j'aurai 3 lecteurs, ce blog sera accusé d'incitation au racisme, tout le monde applaudira à sa fermeture, et vous aurez vos croquettes à la fin du mois.



Donc, bon vent !


(1) Laurent de Sutter, qui sera chargé de faire le lien entre les 3 sujets de ce billet, dirait "anesthésiés".