vendredi 9 août 2019

Ce qui est à l'oeuvre (OIT)

Je mets cet article, pourtant calme, dans Alerte Rouge parce que je réalise que la réaction de la population se fait avec une telle hystérésis que c'est maintenant qu'il faut tirer le signal d'alarme sur des faits qui sont en apparence insignifiants, comme par exemple les "ordonnances Macron", qui prolongent la loi El Khomry.

"Il n'est pas de paix durable sans justice sociale", telle est l'idée qui a présidé à la création en l'OIT en 1919. Pour mieux comprendre la destruction qui est à l’œuvre aujourd'hui, cette compétition suicidaire des pays les uns contre les autres dans une lutte fratricide d'états devenus de simples entreprises concurrentes, on peut écouter cette émission d'Antoine Garapion avec Alain Supiot, et se dire que peut-être, la victoire des crétins n'est pas une fatalité. Même si hélas elle est sciemment organisée.

Évidemment, cela vous fait ricaner, quand on parle de destruction, de catastrophe. C'est parce que vous n'êtes pas sous les bombes en Syrie, bande d'imbéciles, que vous pouvez vous permettre de sourire quand on vous parle des mécanismes qui sous-tendent la destruction des sociétés.

J'aime cette belle idée que la société traite le travailleur comme un élément du modèle dont elle dispose pour le rapport au travail. Autrefois l'esclavage, hier l'engrenage d'une machine industrielle, aujourd'hui un robot programmable.

Je retiens la citation de Bacon (le philosophe, pas le peintre) :" L'argent c'est comme le fumier. Si on le met en tas, cela crée des nuisances. Si on l'épand, on en retire des bienfaits."

Autre émission à écouter, Avis Critique. Le mieux est encore que je vous colle le texte du site, pour si vous n'allez pas écouter l'émission.


Postcritique - dirigé par Laurent de Sutter

Deuxième temps de l’émission je vous propose de nous pencher maintenant sur le livre collectifPostcritique, dirigé par Laurent de Sutter et publié dans la collection « Perspectives critiques » qu’il dirige aux Presses universitaires de France. Depuis un certain temps, Laurent de Sutter qui est professeur de théorie du droit réunit dans cette collection des auteurs comme Mark Alizart, Johan Faerber, Pacôme Thiellement ou Marion Zilio qui chacun dans leur domaine – philosophie, théorie littéraire, cinéma, art contemporain – proposent des essais qui dynamitent le contemporain.
Ils sont donc réunis avec d’autres, les philosophes Dorian Astor, Emanuele Coccia, Tristan Garcia et Camille Louis… auquel il faut ajouter pour être complet un texte traduit de l’Allemand d’Armen Avanessian… pour faire exploser ce totem de la pensée contemporaine. L’attitude critique nous rend bête. C’est en substance ce que ce livre manifeste entend démontrer. Elle nous rend bête parce qu’elle nous place en surplomb et confère une force démesurée par rapport à ce qu’on prétend juger. Pourtant elle est aujourd’hui dominante : on ne pouvait pas ne pas en parler dans une émission intitulé Avis Critique. 
L’entreprise est audacieuse, et pas toujours évidente à faire tenir tant les dix textes proposés sont de nature différentes, se penchent sur des objets variés qui vont de la philosophie au droit, de la littérature à l’art contemporain… Il y a tout de même des invariants comme l’idée selon laquelle la critique est d’abord une façon de se positionner face au monde, qui fait primer le sujet sur l’objet… mais qui échouerait à transformer le réel, à créer. C’est l’origine de la proposition « postcritique », sortir de la négativité de la déconstruction pour aller vers autre chose. Mais quoi ?
Tous les textes de ce livre (qui sont très différents) ne sont pas là pour dire ça ne sert à rien de critiquer une oeuvre ou de la discuter. [...] Tous les auteurs défendent l'idée qu'il faut déplacer la critique non pas pour venir après elle [...] (dans un sens spatial et temporel). Le livre défend à la fois un constructivisme et un perspectivisme. (Joseph Confavreux)
Il y a un esprit de sérieux dans cet ouvrage, une certaine arrogance qui souvent arrive à un résultat très abscons, verbeux et un manque d'analyse concrète des situations concrètes. Pourquoi ? A la fin  on se pose encore la question. (Joseph Confavreux)
Ce manifeste  "Postcritique" est ambigü (sic)car il réactive une tradition de pensée d'écriture qui le précède. On peut imaginer que Julien Gracq ou d'autres le faisaient déjà et comme le dit Dorian Astor ce qui l'intéresse dans "la postcritique" c'est de dénoncer le discours qui viendrait  délégitimer des savoirs, lui préfère l'idée de dessiner des dégradés aux lignes de démarcations [...] L'un des enjeux de ce manifeste c'est de défendre d'autres manières d'aborder le monde en pensant avec lui et non contre lui, de dépasser des concepts et de renouveler la manière de travailler. (Jean-Marie Durand)

Autre sonnette d'alarme qui m'est venue et que j'intitule " Pourvu que mes amis n'aillent pas penser que je ne pense pas comme il faut !"

Autrefois on attachait une cloche au cou des pestiférés. Ainsi, avant même de les voir, le bon peuple pouvait détaler et ne pas être contaminé. On procède toujours ainsi pour les gens qui risquent de contaminer les autres et les amener à ne pas penser comme il faut. De peur que le bon peuple entende une avis différent que ce qu'il faut répéter, on vous attache au cou le mot d'antisémitisme. A votre approche, le crétin du Saint Pauple de Gauche se bouche les oreilles et s'enfuit en criant "Antisémite, antisémite !".

Cela permet d'éviter que le mouton bêlant n'aille, par honnêteté intellectuelle, voir sur le site de l'humoriste de quoi il retourne. Le risque est grand qu'il n'y trouve qu'un antisionisme de bon aloi. Le risque est surtout qu'il découvre pourquoi il faut penser et parler correctement, et qui a intérêt à ce qu'il continue à bêler à l'antisémitisme.Il pourrait entendre une histoire des Etats-Unis qui, pour caricaturale qu'elle est, incite à la prudence.

Pire encore, il risque de découvrir qu'on vit dans une société de moutons bêlants qui laissent les leurs partir à l'abattoir de l'arbitraire, pourvu que mes amis ne pensent pas que je ne pense pas comme il faut ! Ils pourraient me dénoncer.

Moi en plus de l'étoile jaune et du triangle rose, je porte le carré blanc de ceux qui revendiquent le droit de penser ce qu'ils veulent et de le dire sans risquer l'accusation automatique de déportation.


Et puis ce n'est pas grave, si je me trompe un peu, l'essentiel est que mes amis n'aillent pas penser que je ne pense pas comme il faut. Qu'est-ce que la probité intellectuelle en face de la Shoah ? Est-ce que les nazis étaient honnêtes intellectuellement ? En matière d'antisémitisme, tous les coups sont permis car la cause est sacrée.

" Pourvu que mes amis n'aillent pas penser que je ne pense pas comme il faut !" Mais je ne risque rien, allons rassure-toi, j'ai bien crié "antisémite" plusieurs fois de suite en me bouchant les oreilles avant qu'il ne se mette à parler, comme on m'avait dit de le faire.

" Pourvu que mes amis n'aillent pas penser que je ne pense pas comme il faut !", mais non, ça va, pas de panique, je me suis bien enfui en courant en criant "antisémite" sans écouter ce qu'il disait. J'ai fait comme il faut, j'ai fait comme on m'a dit. Pour les Huttu et les Tutsi, c'est quoi qu'il faut dire déjà, je ne me souviens plus ?

Ils me font penser à ces poupées qui ont un bouton dans le dos et qui récitent un message quand on appuie sur le bouton. Au siècle dernier, c'était Céline. Dès qu'on prononçait le mot, les poupées criaient "Antisémite, antisémite", du coup, impossible d'échanger quoi que ce soit sur le contenu ou le style de -Antisémite ! Maintenant, c'est Dieudonné qui a pris le relais. Dès qu'on entend son nom, il convient de hurler - Antisémite, autant de fois qu'on aura appuyé sur le bouton.

Cela ma rappelle un collégien de mes amis que j'aidais à chantourner un exposé sur je ne sais quelle connerie autour de la lutte contre les genres, thème à la mode aussi dans le genre bouton. C'est pas forcément - Homophobe ! On peut se demander dans quelle mesure - Homophobe ! et nous envisagions, mon jeune ami et moi, de tenter une comparaison avec l'oppression des noirs. Impossible, me dit-il, dès que j'aurai prononcé le mot "noir", la moitié de la salle se lèvera pour quitter l'amphi en hurlant "raciste" et ils n'entendront pas la fin de la phrase, mais j'aurai perdu la moitié de l'amphi.

Vu que le défi était plus ou moins de conserver l'attention des ados plus de vingt secondes sans qu'ils écrivent "lol BG " sur leur téléphone portable, ce n'était pas une bonne idée.

Le problème, c'est qu'il était sérieux, ce que j'ai eu beaucoup de mal à croire, mais il est vrai que je visite peu les collèges depuis que j'ai laissé tomber l'éthologie des primates. Et encore est-ce une insulte à ces nobles animaux.

On voit ici que l'important n'est pas de penser correctement mais d'avoir raison, et pour cela, de dresser les populations à hurler un slogan de façon à couper la phrase de l'adversaire entre 2 et 5 secondes après son début, sans en avoir écouté le contenu.

Si je m'attarde aussi longtemps là-dessus, c'est parce que le problème est brûlant, et que même si ses signaux restent faible, il y a de quoi alerter. Nous sommes en train de redescendre une montagne que nous avions mis des siècles à gravir avec peine. Comme disait je ne sais plus qui à propos de l'eugénisme, nous "dévalons le toboggan sans aucun garde-fou", et même s'il aurait fallu écrire "nous avalons", il en va de même pour le domaine intellectuel.

Aucun OIT ici, il me semble, pour servir de garde-fou contre cette tendance belliqueuse à faire de toute conversation le terrain d'une bataille qu'il faut gagner. Michèle Triballat la dénonçait en l'appelant "hémiplégie de la réflexion".
L'hémiplégie a lieu dans les cercles instruits, pendant que l'autre moitié du cerveau, terrain délaissé, est irrigué à toute pompe par les populismes.

Et c'est bien sûr cette certitude qui me donne la force de monter au créneau à chaque fois. Plus vous abondez à cette attitude qui consiste à répondre à un argument par un slogan, plus vous asséchez votre propre terrain, vous en faites un désert où l'adversaire pourra se déployer à peu de frais, c'est cette évidence aveuglante que vous ne voyez même plus, parce que vous avez abdiqué votre droit de regard sur votre propre pensée !

Ah si, il y a une autre attitude en cours, c'est la répression. Comme on interdit les magazines porno aux mineurs, on interdit les spectacles. Même s'il est louable de se préoccuper des mille crétins qui sont venus écouter un pauvre bougre qui leur prend leur argent, la solution ne sera jamais la quarantaine. Bouchons-leur les oreilles, que le chant des sirènes n'aillent pas nous ravir notre clientèle électorale. Peu importe qu'on laisse ces salopards continuer de mettre en œuvre ce qui a amené là le public. L'important est que le pognon et les votes leur reviennent.

Et de ces salopards dont vous vous faites le bon petit soldat en criant "Antisémite !". Croyez-bien qu'ils sont les derniers à se préoccuper de la question. Pour eux une personne c'est un bulletin de vote sur pied, et on se contrefout de son opinion pourvu qu'il vote comme il faut. C'est de ces gens là dont vous vous faites complices. Vous leur permettez de commettre encore cinq ans de plus les crimes qui amèneront au pouvoir les vrais antisémites mon pauvre, ceux qui ne rigolent pas avec la question.

Mais peut-être avez vous peur de découvrir qui sont vos vrais amis ? Peut-être avez-vous peur de découvrir que vous avez besoin de votre couverture d'ami de tout le monde histoire de vous exonérer de l'examen de leur conduite ? Ce serait tellement bête de découvrir qu'un gueux délinquant qu'on vous a montré du doigt, qui sort du bagne et ne peut vous apporter que des poux est d'une honnêteté intellectuelle préférable à celle de ceux qui peuvent vous rapporter gros.

Ce serait bête de devoir vous obliger à choisir votre camp dans ces termes. Car enfin, c'est bien ce qu'on a toujours demandé aux collabos, de savoir choisir le bon camp. Il suffit d'écouter hurler les loups.

Les questions de haine diverses qu'on utilise pour diviser le peuple, en faire des fractions qu'on élève les unes contre les autres, les sémites contre les tapissiers, les Dupont contre les Wallons, pour soulever les tamuls contre les Tutsi, les moulenga contre les bambara, les crétins contre les Juifs, toutes ces questions ne sont que des outils dans la boîte à outils de gens infiniment plus dangereux que les brebis galeuses qu'on vous désigne du doigt et après lesquelles vous aboyez fidèlement.

Ce qui me chagrine, c'est que bien souvent c'est inconscient. Vous ne réalisez même pas qu'on vous a endoctrinés, et vous pensez penser, et agir selon vos convictions.On n'a pas oublié, dans le programme qu'on vous a implanté, d'implémenter les fonctions de protection du programme. Et le chagrin, ça me fatigue, et de vous voir zombifiés (1), ça me déprime. C'est pour ça qu'après avoir tenté de vous enlever la prise et m'être fait mordre, je vous souhaite une bonne soirée dans un chaos après tout millénaire. Personne n'a réussi avant moi, et il n'y a aucune chance que j'y arrive. Dès que j'aurai 3 lecteurs, ce blog sera accusé d'incitation au racisme, tout le monde applaudira à sa fermeture, et vous aurez vos croquettes à la fin du mois.



Donc, bon vent !


(1) Laurent de Sutter, qui sera chargé de faire le lien entre les 3 sujets de ce billet, dirait "anesthésiés".

mardi 9 juillet 2019

Romand, le pauvre bougre.

France Info, qui se fait de plus en plus serviteur de la soupe de l'ignoble Macron, pour qui tant de millions de crétins ont voté et s'apprêtent à re-voter afin qu'il leur en mette un tour en plus, a été en dessous de tout dans le traitement de l'affaire Romans. 

Je ne rappelle pas l'affaire, elle est connue de tous. Ce qu'on sait peut-être moins, c'est que ce cas est tellement emblématique d'un certain type de psychose qu'il est un cas d'école de pleins de bouquins de psychanalyse. Romans c'est LE cas qu'on cite en exemple pour cette maladie. Il l'exemplifie à mort, c'est le cas de le dire. Mais il y en a d'autres qui ont fui de peur d'être découvert, citons Romain Gary par exemple. 

Ce pauvre type a tué toute sa famille pour éteindre le mal qu'il leur faisait. France Info en a fait un monstre, rassurant ainsi le bourgeois macronien, qui va finir par prendre la suite du charcutier poujadiste, si ça continue. La radio souligne qu'il a tué ses enfants en leur tirant dans le dos. 
Comme si c'était facile de tuer son enfant en le regardant dans les yeux, crétin. Ça n'en fait pas un monstre, au contraire. 

Que, cent ans après Freud, un demi-siècle après Lacan, le profil de la psychose n'ait pas encore percolé dans l'épaisseur opaque de l'imbécillité populaire, on doit le souffrir. Qu'une grande antenne propage ce genre de confusion (confondre la maladie et la délinquance) pour rassurer les croyances marinées dans la tiédeur de sa pisse la classe "piccolo borghese" qu'elle lèche toute la journée, c'est trop.

A propos de Freud, et tant que je suis dans les alignements foireux, je vais aligner autour des années 1883, d'une part la rédaction d'Ainsi Parlait Zarathoustra (APZ) et d'autre part les expériences que fait sur la cocaïne un Freud qui ne l'est pas encore.

Nietzsche est pris dans les rêts d'un cauchemar qui n'en finit pas. Z aussi, d'ailleurs. Comme un dormeur paralysé par le sommeil, Z ne cesse de se retourner, de descendre de sa caverne et d'y remonter, d'entendre des voix, de rencontrer des gens, et surtout, surtout d'admonester le lecteur. 
Mais l'unique chose que rencontre Z ce sont des mots. Z comme Nietzsche sont noyés sous les mots, ils étouffent sous un tas de mots qui ne signifient plus rien. Ce dont Nietzsche voudrait se dégager, et sans cesse on nous renvoie à l'air pur, c'est du filet étouffant des catégories qu'il appelle lui-même sans cesse. Il voudrait en trouver une, la dernière, un mot, le dernier, qui lui permettrait de sortir la tête hors de l'eau pour respirer. 


Le cauchemar, c'est que Nietzsche étouffe sous l'abondance, sous l'avalanche d'une chose qu'il ne peut nommer, et donc il pense qu'il se délivrera en la nommant, en trouvant LE mot, LE nom de la philosophie, de l'attitude, qui libère enfin de tout. Bien sûr à ce jeu il perdra, et perdra l'enjeu, la raison. 

En retournant la formule, on pourrait dire que si « […] ce que l’on comprend aujourd’hui de l’homme n’excède pas ce que l’on peut comprendre de lui en tant que machine9. » est bien un appel à découvrir un au-delà de cette limite, Nietzsche butera contre les murs qu'il édifie lui-même. Il reconduit l'homme à la machine, comme hélas tant de crétins ont tendance à le faire aujourd'hui.

Mais ce qui caractérise particulièrement ce naturalisme, c'est le rejet de toutes les formes de « surnaturalisme » (moral ou religieux) qui placent l’esprit au-dessus de la nature et qui font de lui un principe explicatif des phénomènes humains par une causalité spirituelle (comme l’âme ou la volonté qui serait au principe de nos actions). Or, pour Nietzsche, l’esprit n’explique rien, et ce n’est qu’à partir des sciences empiriques que la philosophie peut spéculer sur la nature humaine et fournir des explications de tout ce qui est humain :
« Replonger l’homme dans la nature ; faire justice des nombreuses interprétations vaniteuses aberrantes et sentimentales qu’on a griffonnées sur cet éternel texte primitif de l’homme naturel […]10. »
Partageant avec le matérialisme allemand qui lui est contemporain l’idée que l’homme est un produit de la nature11, Nietzsche s’efforce de rendre compte du phénomène humain en termes psycho-physiologiques, ce qui se traduit chez lui par une théorie des types. Brian Leiter a ainsi formulé et résumé cette théorie :
« Toute personne a une constitution psycho-physiologique fixée qui la définit comme un type particulier de personne12. »
 --------- Fin de citation de l'article Wikipedia.
Hélas, la messe est dite. Ce dont Nietzsche mourra, ce qui le rendra fou, c'est de ne pas avoir connu la psychanalyse. Il est né trop tard et trop tôt. Trop tard pour ne pas comprendre ce qui s'était joué, pour pouvoir embrasser la naissance et la mort des catégories, et trop tôt pour en voir naître le remède, ou disons les remèdes, si l'on ajoute la sociologie.

Ces pauvres bougres, ces fous battus, ces malades qu'on jette en prison, en les regardant comme des monstres, et ce pauvre Nietzsche, mort quelques années avant qu'on puisse ôter le bâillon qui l'empêchait de respirer.

Ho Hisse ! ou Derniers jours de la connerie sur Terre.

On se hisse lentement vers les sommets. Je propose pour un camp intermédiaire, la candidature de ce morceau d'anthologie des chroniques de la connerie sur Terre. Il s'agit d'une brève chronique de France Culture (1). Je ne vise pas les journalistes, bien sûr, qui font leur travail avec la pincée de recul nécessaire. 
A commencer d'ailleurs par le titre : " Le Canada, nouvel Eldorado des compagnies aériennes françaises". On a tout compris, et si ce n'était qu'il s'agit de vraies compagnies dans le vrai monde, ce serait à mourir de rire. 

Mais c'est tragique, et c'est là que cela devient pathétique. C'est tragique parce qu'il s'agit de ces fausses entreprises du XXème siècle, montées par le public, puis vendu au privé. Ils ont baissé le rideau, changé de guichet, et récupéré le pognon, mais ce sont les mêmes. Vous avez payé Safran avec vos impôts quand c'était public, ensuite la direction s'est vendue avec la boîte, et maintenant, son successeur, beau-frère et camarade de promo lui achète ses produits avec vos impôts avant de devenir directeur là bas en fin de mandat, mais ce sont toujours les mêmes Bignolles de Baiseux qui vous la mettent bien profond.

https://www.franceculture.fr/emissions/le-reportage-de-la-redaction/le-canada-nouvel-eldorado-des-constructeurs-aeronautiques-francais

Je pense que c'est le genre de communication qu'on gardera dans les musées, si tant est qu'il en reste dans l'avenir, pour ce qu'elle représente de paroxysme dans l'inconscience de l'imminence de la catastrophe.

Par son mélange de naïveté qui confine au déni, parce qu'elle crie ce désespoir d'une civilisation qui commence à comprendre qu'il est trop tard et se réfugie dans la folie du pire, ce sera un archétype de la piece of news grotesque des années 2010. Elle réunit en effet plusieurs caractéristiques du ridicule.Je propose qu'on la garde comme archétype de la news de fin de vie de notre système.

En propos liminaire à toute analyse, je propose qu'on garde toujours bien présent à l'esprit que nous parlons de saloperies d'avions qui niquent l'air que vous respirez, que vos enfants respirent, les animaux, les plantes, toute la planète. 

Premier signe grotesque donc, c'est que ces traits ridicules nous sont livrés de l'aveu même des crétins de cadres transcontinentaux de la boîte. De telles accusations, on pourrait attendre qu'elles viennent de militants d'Attac, mais non, là ce sont les crétins à l'accent aussi ridicule que leur Bombardier qui viennent se mettre en frais pour nous les lâcher au micro. 

Donc ces braves gens nous apprennent que le programme a dépassé son budget de deux milliards. Ils ont racheté un avion dont le seul prototype a suffi pour foutre la boîte en faillite. Quel flair ! Quel signe des temps que ce fait qu'un programme soit lancé par des incompétents le rende si attirant.

Seconde caractéristique so 2010 : tout cela est financé à crédit. Ben voyons !

Ben voyons... le problème, c'est que c'est vous qui payez...

Pénultième ridicule, qui n'est encore qu'un doux parfum de lui-même, car la fleur est trop fraîche, mais lorsqu'elle poussera, capiteuse, sur les ordures bien faisandées de nos tas de déchets de dettes en EHPAD, on le sentira bien, c'est le ridicule de la fin de vie elle-même.

Ils n'ont tellement rien à dire pour la promotion de leur avion qu'ils en sont à peindre l'image d'un type trop seul pour avoir de vrais amis qui l'emmènent dans le bon resto du coin, mais qui, tout de même, à lui tout seul - bien fait ! enfin disons avec l'aide de son IA, va pouvoir, tout seul, par avance, depuis l'avion... 
CONSOMMER

Le payeur final, celui qui va sauver toute la chaîne en faillite, le consommateur final, le end user qui fait tourner toute la machine... suspense, qui est-il ? Un type blindé de thune, puisque depuis l'avion, avant même d'avoir atterri, tandis qu'il consomme encore les boissons emportées de Paris, il consomme déjà celles de New York, restées à terre, mais qu'un gentil camion a amenées pour lui auparavant au restaurant, histoire qu'on ait le temps de mettre les bières au frais.

Et l'intelligence artificielle, sachant par son profil voyageur activé par sa puce RFID à son arrivée dans l'avion qu'il aime les sushi, va pouvoir lui suggérer de manger les mêmes en arrivant, de finir de vider les océans, avec les mêmes amis que Facebook aura prévenus. 

Mais, c'est là que cela devient grandiose, qui paye ce type là, qui finance ce somptueux naufrage ? Vous, bande de crétins. Vous, avec vos impôts, vous donnez aux états les moyens de subventionner, encore et toujours, le rachat de Bomarbidou par Safranidou, et le champagne coulera à flots, à l'occasion, dans les beaux bureaux des riches, tandis que vous aurez du mal à vous payer une binouze à la fin du mois, bande de crétins. 

Si, vous savez, ces beaux bureaux au bas desquels vous allez secouer vos banderoles le samedi après midi, pendant que leurs occupants boivent le champagne dans leur résidence secondaire au bord de la mer. Ces beaux bureaux où on a posté des CRS pour vous matraquer si des fois ils vous prenait l'envie de faire les malins.

Sinon, the larch, regardons ceci :  https://www.facebook.com/Ina.fr/videos/433980910669049/

à 0:39, sujet : les jeunes et le chômage. La jeune femme déclare :
"J'ai comme une sorte d'angoisse, quoi. Je vois tous les gens ils sont heureux,
Ils rentrent chez eux, ils ont fait leur journée
Alors que nous on traînasse,
On se dit :" Est-ce que je vais être accepté ? "

Ô système, fais mon bonheur, accepte de m'utiliser !

------------- Fin de citation

En fait, "avoir fait leur journée", n'est pas fondamentalement le fait générateur du bonheur ("ils sont heureux"). Ce fait c'est "d'être accepté".

Sinon, à l'heure où les Jordan, les Kevin, les Jonathan et les Steve sont élus, fais tes valises et barre-toi. Oui mais où ? En 1933 on pouvait aller en Argentine ou au Chili. Au pire aux USA. Aujourd'hui la vermine est partout. En tout cas, on les a bien baisés une fois de plus.
Paraît que les retraités poujadistes (non, c'est pas un pléonasme, j'ai des voisins de 20 ans qui sont poujadistes sans le savoir) sont partis qui chez Macroun, qui chez Kevin :D

Quelle bande d'abrutis. Ils ont changé de costume. Avant ils avaient une salopette de clown à rayures roses bleu, maintenant ils ont un kaki de travail avec des taches noir camouflage.

Paraît qu'il y a un million de gens qui ont acheté l'album posthume de Johnny (Smets).
Paraît qu'il y a un million de jeunes indiens (nouveaux) qui arrivent chaque mois sur le marché du travail.

==>C'est ptet tous les jeunes indiens arrivant sur le marché du travail en mai 2019 qui ont acheté l'album de Johnny.


Ouais, bon, ok je remonte dans ma chambre.

(1) Extrait du papier :


" Lundi s'est ouvert le 53e Salon International de l'Aéronautique et de l'Espace du Bourget. L’occasion pour les constructeurs et les compagnies de signer de gros contrats aussi bien dans le civil que le militaire.

Cette année, les grandes tendances sont l’avion connecté et l’électrique, pour lutter contre la pollution des avions qui représente à l’échelle mondiale 2% des émissions de CO2.

Un défi d’autant plus important à relever que le trafic aérien doit doubler d’ici vingt ans.

En attendant, notre reportage nous amène au Canada, à Montréal, où les entreprises aéronautiques françaises comme Airbus, Safran et Thales sont de plus en plus nombreuses à s’implanter dans le pays qui emploie 10 000 personnes dans ce secteur.

Grâce à son savoir-faire, sa main-d’œuvre qualifié dans l’industrie et l’intelligence artificielle et sa position géographique, le Canada est devenu un véritable hub entre l’Europe et les Etats-Unis pour les constructeurs aéronautiques."

lundi 6 mai 2019

Soumission

Usama Hasan, head of Islamic studies at the think tank Quilliam, said the paintings were not only offensive but blasphemous and sacrilegious. “

C'est sous ce prétexte qu'ils ont réussi à faire courir les tapettes de Saatchi en quête de bâches grises où se cacher. 

https://www.thetimes.co.uk/article/gallery-covers-up-art-after-complaints-by-muslim-viewers-wvc87fzlr

Parce que finalement, les crétins penultimes, ce sont eux. Que les crétins arriérés et menaçants d'islamistes demandent n'importe quoi pour voir si ça marche, comme un gosse qui trépigne au magasin pour un jouet, c'est normal, ils essayent.
Mais ceux qui leur donnent droit, ce sont quand même ces lâches de Saatchi. 

Mais, pénultimes, car l'ultime salope, c'est bien l'artiste, qui n'a rien d'autre pour faire du buzz que de foutre une femme à poils sur un verset du Coran, ou autre connerie du même tonneau. Bon, il a réussi, c'est bien, finalement tout le monde est content. 
Perdre son temps en gadgets provoc pour exciter les imbéciles, c'est facile, mais faire de l'art, c'est autrement plus difficile.

C'est exactement comme le kiosquier qui n'a pas voulu vendre un journal l'Equipe ayant pour sujet l'homophobie dans le sport. La pute ultime, c'est les gens de l'Equipe, qui mettent en couverture des hommes en train de s'embrasser, tout ça pour faire du croustillant et pour vendre. Ils ont réussi, tout le monde est content, le kiosquier va mourir en martyr de sa cause, les putes de l'Equipe vendent du porno au lieu de parler de sport, c'est plus facile...

Le hic, c'est la journaliste de France Info qui a dit "Rappelons-le, l'homophobie est un délit". Rappelons-le, l'homophobie, comme l'arachnophobie, est un sentiment de répulsion, donc avant tout un ressenti. Si c'était une opinion, cela voudrait dire que nous vivons dans une dictature, puisque seules les dictatures font des opinions des délits, non c'est un ressenti. 

Nous sommes bien d'accord, le mot a dérivé pour désigner une opinion, ok, ok et la France est une dictature, ok, c'est pas de ma faute. 

Moi, là où ça me chatouille, c'est que lorsqu'on te dit que penser une chose est un délit, on te dit par symétrie que penser le contraire est bien. Or comme rien ne me hérisse le poil comme lorsqu'on me dit ce que je dois penser, cela me hérisse le poil quand on me dis que je dois penser que l'homosexuel est bien. Je dois être crétinofascistophobe, alors, ça doit être ça. 

Ou alors pas loin, sinon comment désigner la phobie des gens qui te disent ce que tu dois penser, que les pédés c'est bien, qu'il faut pas dire pédé, que la peinture c'est offensant, qu'il faut pas dire que ces crétins d'islamistes sont des zombies, que tous ces connards ont maintenant la haute main sur tout alors qu'ils vivent dans la merde, alors voilà, c'est quoi le mot ?

Mais bon, un jour ils vont tomber au téléphone sur un mec qui va leur dire se rouler leur blasphème bien serré et de se le carrer dans l'oignon, ils vont se fâcher parce qu'ils n'ont que ça dans la vie, et va encore falloir les raccompagner auprès de leurs troupeaux de chèvres... On n'a jamais deux minutes de tranquillité. 

Remarque, ça va occuper tous les crétins d'analphabètes à qui on donne le bac, on va en faire des légionnaires, ils vont aller dépoussiérer les forts au Tchad, ça leur fera du sport, de la vie en plein air ils dormiront bien au lieu de jouer avec leur DS, tout le monde sera content, et on pourra faire de l'art tranquillement entre vieilles tantes pendant tous ces crétins s'entretueront sous des chaleurs abominables, et n'oubliez pas de nous ramener du thé.

Profitez bien de ce genre d'article, car c'est une question d'années que Google trouve le moyen de le faire analyser par des robots et censurer avant même sa parution. Vous ferez comment, alors ?

Je rappelle, pour les téléspectateurs...

Organisation et personnel[modifier | modifier le code]

Afin de garder le caractère secret de l'Aktion T4 et de privilégier une solution non bureaucratiqueT 9, Hitler n'en confie la responsabilité ni au Secrétaire d'État à la Santé du ministère de l'Intérieur, Leonardo ContiN 8, ni à la chancellerie du Reich, dirigée par Lammers, ni à la Chancellerie du NSDAP, dirigée par Martin Bormann, mais à lachancellerie du Führer, instance indépendante du gouvernement et à l'abri des contrôles financiersT 9, placée sous la responsabilité de Philipp Bouhler40 et déjà chargée de l'« euthanasie » des enfants41.
Créée en 1934 pour traiter les courriers adressés à titre personnel à Hitler par des membres du parti et les deux cent cinquante mille lettres qu'il reçoit à la fin des années 1930, la Chancellerie du Führer est un organisme sans grand pouvoir40. Mais Hitler sait qu'il peut compter sur la loyauté sans faille de Bouhler42, son efficacité, son fanatisme idéologique et son ambition43. Sous les ordres de Bouhler, Viktor Brack, encore plus ambitieux que son supérieur et ancien participant au putsch de la Brasserie43, est également idéologiquement sûr pour Hitler. Le bureau qu'il dirige, l’Amt II (Hauptamt à partir de 1939), comporte notamment une section IIb, placée sous la responsabilité de Hans Hefelmann, qui traite notamment des demandes relatives au ministère de l'Intérieur, y compris les questions sensibles de la compétence des services de santé40.
Sur la base d'instructions orales données par Hitler à son « médecin accompagnateur »T 10, Karl Brandt, et à Bouhler, et peut-être à la suggestion de ceux-ci, Hefelmann entame des discussions avec des médecins notoirement favorables à l'euthanasie, tel Max de Crinis à l'institut Göring, et met en place une organisation destinée à camoufler l'assassinat d'enfants handicapés : la Commission du Reich pour l'enregistrement scientifique des souffrances héréditaires et congénitales graves (Reichsausschuss zur wissenschaftlichen Erfassung erb- und anlagebedingter schwerer Leiden)44. Il s'agit d'un comité d'experts médicaux chargés d'établir un registre national obligatoire de tous les nouveau-nés « mal formés ». Trois membres, deux pédiatres et un psychiatre, forment un sous-comité chargé de désigner ceux qui ne méritent pas de vivre45.
Ayant eu vent de la réunion du mois de juillet entre Hitler et Leonardo Conti, Brack craint de voir le contrôle de l'opération lui échapper. Il demande donc à Hefelmann d'établir un bref mémoire statistique sur les patients internés dans des asiles et de le transmettre à Bouhler. Celui-ci obtient rapidement l'accord de Hitler pour que Brack puisse étendre ses opérations à des patients adultes, pour autant qu'elles se déroulent dans le secret le plus absolu en tenant le ministère de l'Intérieur à l'écart35. Le nombre des patients concernés étant estimé à 60 000, le maintien du secret nécessite la mise en place d'un camouflage administratif. L’Association des asiles du Reich, chargée de distribuer les questionnaires d'évaluation des patients, la Fondation d'utilité publique pour la gestion des asiles, responsable de la gestion du personnel et des aspects financiers, et la Société d'utilité publique pour le transport des patients (Gemeinnützige Krankentransport -Gekrat), sont créées et placées sous la direction de Brack ; elles s'installent toutes les trois au no 4 de la Tiergartenstrasse35. Outre Brandt, Brack et Bouhler, l'organisation dispose à ce moment de cent quatorze personnes35. Le personnel engagé pour « supprimer les bouches inutiles », à l’administration centrale ou dans les centres de gazage, ne fait l'objet d'aucune contrainte et les médecins qui refusent d'y participer ne voient pas leur carrière en souffrir ; ceux qui ne désirent plus collaborer à l'Aktion T4 ne font l'objet d'aucune sanction ou de sanctions mineures39. « Presque tous ceux qui furent sollicités se déclarèrent prêts à s'engager. En dehors des avantages financiers, des possibilités d'avancement, ou de la fierté de participer à un projet secret, une certaine conception de l'obéissance a pu jouer un rôle : on était disposé à accepter sans examen critique, comme obligatoires, des instructions à partir du moment où elles venaient « d'en haut »46 ». Cette adhésion au projet d'euthanasie forcée peut également découler du fait que le corps médical est la profession la plus nazifiée du Reich : plus de 50 % des médecins sont membres du parti nazi, de la SA et de la SS47.
Une administration composée d'un bureau central et de six départementsT 11, placée sous la direction de Gerhard BohneT 12, est mise en place et quatre associations servant d'écran à l'opération sont crééesT 13. Nazi convaincu, membre de la SS, juriste et juge d'instruction à Cologne, Bohne est « un exemple type de bureaucrate scrupuleux jusque dans les détails [...] enclin à la précision juridique et au bon ordre administratifT 14 ». Il se voit notamment adjoindre les services de Christian Wirth également remarqué pour son habileté dans l'organisation et l'administrationT 12.

Opérations de camouflage[modifier | modifier le code]

« La première tâche de Bohne consista à cacher à la population qu'une [...] entreprise de meurtre allait avoir lieu, et surtout à dissimuler le fait que la Chancellerie du Führer avait un quelconque lien avec l'entreprise d'euthanasie, sans parler de l'ordre d'exécution qui en émanait. »
— Michael TregenzaT 12
Outre le nom de code de l'opération elle-même, les centres de mise à mort ont des noms codés constitués d'une lettre, de A à E ; les dirigeants de l'Aktion T4 et les médecins qui travaillent à son siège central prennent des noms d'emprunt39. Les organisations créées pour servir de couverture à l'Aktion T4 portent des noms anodins dissimulant leur caractère mortifère, comme la Fondation caritative des soins en institution (Gemeinnützige Stiftung für Anstaltspfelge), chargée de l'embauche du personnel, ou le comité chargé des asiles psychiatriques du Reich (Reichsarbeitsdemeinschaft Heil- und Pflegeanstalten), qui est chargé de la correspondance avec les institutions à propos de l'inscription et du transfert des patientsT 13 Les questionnaires envoyés aux établissement psychiatriques, aux cliniques, aux hôpitaux et aux institutions hébergeant des patients atteints d'une maladie chronique dissimulent leur fonction première de sélection des patients destinés à l'extermination derrière des questions plus générales portant entre autres sur le budget annuel, le nombre de lits, le personnel médical et infirmier, afin de donner l'impression d'une simple enquête statistique et administrative48.
À partir de l'automne 1940, les victimes ne sont plus directement envoyées vers l'un des centres de mise à mort mais transitent par des établissements intermédiaires49, où aucun examen complémentaire des futures victimes n'est effectué50. Cette « mystification bureaucratique »50 se poursuit par l'envoi des courriers aux familles des victimes, notifiant leur transfert pour d'importantes mesures liées à la guerre, puis annonçant leur arrivée dans les centres de mise à mort, en assurant que les proches seraient avertis immédiatement d'un changement de l'état de santé des patients50.
« Compte tenu de la dissimulation médicale des assassinats, chaque certificat de décès doit être falsifié51 ». Cette falsification doit éviter qu'un grand nombre de décès ne soit relié à un endroit et à une période particuliers. Les décès sont donc attribués à des causes reliées à l'état de santé des victimes ou à des maladies ou infections qu'elles auraient pu contracter ; pour ce faire, le personnel médical chargé d'établir les certificats de décès peut se baser sur des guides écrits spécifiant les détails importants pour la cohérence des causes du décès. Pour Robert Jay Lifton, « il n'est pas exagéré de dire que le rôle « médical » premier —  et peut-être le seul — des médecins [des centres de mise à mort] consistait à déterminer la falsification la plus crédible des certificats de décès de chaque patient-victime51 ».

Les cadres médicaux[modifier | modifier le code]

« Ce qui est tragique, c'est qu'aucun de ces médecins n'eut besoin d'une loi pour participer à cette entreprise d'euthanasie. Aucun d'entre eux n'hésita sérieusement à participer à une telle entreprise. Sans y avoir été contraints en aucune façon, ils élaborèrent eux-mêmes les règles déterminant si tel patient devait vivre ou mourir. Leur participation fut entièrement volontaire et inconditionnelle »
— Michael TregenzaT 15

mardi 16 avril 2019

Parenthèse de troisième cycle


Je vais faire un petit schéma pour montrer pourquoi les pourris de tout bord qui trahissent la confiance de l'électeur sont vraiment les pires ordures de la Terre.

Parce qu'ils font le calcul suivant. Ils se disent "Mettons que chaque fois qu'on découvre un scandale de patron voyou, d'élu pourri, de détournement de fonds, d'enrichissement, je fais vomir l00 électeurs qui franchissent la limite du dégoût et votent FN pour tirer la chasse sur leur vomis.
Comme il manque 1000 électeurs au FN pour franchir la barre, j'en ai pour dix mandatures, je serai à la retraite dans ma maison à Beaulieu, peinard et blindé, qu'ils crèvent tous. "

Hélas, c'est penser que les phénomènes collectifs et sociaux suivent de gentilles lois linéaires. Regardez par exemple les images ci-dessous. A chaque image, j'augmente la tolérance au changement de couleur de 1% seulement avant de verser la peinture. Pendant un moment, tout se passe bien. Je peux brader les services publics, puis j'augmente doucement la pression du privé et de l'esprit d'entreprise dans l'exploitation des travailleurs, tout va bien, la bourse augmente et je m'en mets plein les fouilles. Je pense que j'en ai pour 100-23 étapes avant qu'on remarque que je pollue le système jusqu'à la mort.

Et puis il y a le 1 % fatal. l'imprévisible. La goutte. Le marchand de fleurs, la ligne rouge invisible que l'histoire a laissée là, comme dans Le Rivage des Syrtes. A chaque génération, c'est comme à chaque tour de roulette russe. Le fils qui a hérité de la société de son père hérite en même temps d'un climat plus tendu. Et pourtant, il lui faudra mettre encore plus de gens à la rue pour pouvoir acheter des robots et s'en mettre encore plein les fouilles, à moins que les Chinois acceptent enfin de travailler 32 heures par jour.


Je verse une couleur avec 21 % de tolérance :


tolérance 1
Tout va bien, on va leur piquer 1 % de plus

Même versement de couleur avec 22 % de tolérance :

tolérance 2
Tout va bien, avant que la planète crève, je peux leur mettre 1 % de plus par an pendant 20 ans

23 % de tolérance. Hélas, le phénomène n'est pas linéaire. En ajoutant 1 % de plus d'investissement dans les complexes immobiliers, c'est toute la faune qui dégage.


tolérance 3
Ah, la planète est un égout et les gens foutent le feu ? Désolé

Sinon, lorsqu'après de longues suppliques, une petite s... (c'est interdit de dire "sal...pe", maintenant faut obéir aux cheftaines/chefteuses/tries/ussesses/tricesses/aineuses/ées) accepte de lever le nez de son écran auquel elle est hypnotiquement soudée depuis 15 heures pour regarder le 45785168ème épisode de manga que c'est vachement une culture parce que dans cet épisode il doit retrouver le talisman violet qui va lui permettre de combattre le dragon ultime et l'empêcher d'avaler l'univers, pour soulager sa vieille mère du boulot de "mettre la table", voilà ce que ça donne :

IMG_20190112_191058 

 On n'a ainsi gâché que 28 secondes pendant lesquelles on aurait pu jouir du tuto beauté YT sur comment enfiler un collant pour faire ressortir ses fesses. M'enfin bon, l'important, c'est de combattre les stéréotypes de genre. 

Donc le pourri qui prend son 1 % de plus, qui opte pour le plan de restructuration de la SNCF qui consiste à se recentrer sur le rentable (donc restreindre le service à 1 % de riches), qui opte pour le plan de restructuration d'EDF qui consiste à se recentrer sur le rentable (donc restreindre le service à 1 % de riches), qui opte pour le plan de restructuration des auoroutes qui consiste à se recentrer sur le rentable (donc restreindre le service à 1 % de riches), qui opte pour le plan de restructuration de la compagnie des eaux qui consiste à se recentrer sur le rentable (donc restreindre le service à 1 % de riches), qui opte pour le plan de restructuration de l'enseignement, qui consiste à se recentrer sur le rentable (donc restreindre le service à 1 % de riches), qui opte pour le plan de restructuration de la culturequi consiste à se recentrer sur le rentable (donc restreindre le service à 1 % de riches), qui opte pour le plan de restructuration du monde qui consiste à se recentrer sur le rentable (donc restreindre le service à 1 % de riches), en espérant que les 99 % de pauvres seront retenus par la police, il prend le risque, chaque fois qu'il prend un % de plus, de foutre le monde à feu et à sang.

Et il le sait.

Le député pourri, qui profite de son poste pour s'enrichir, placer sa famille, sa belle-soeur, le mari du cousin de sa belle soeur, pour magouiller, s'informer, donner de l'info, et surtout qui opte pour le plan de restructuration de la commune qui consiste à se recentrer sur le rentable (donc restreindre le service à 1 % de riches), ce qu'il fait, c'est détruire la confiance que le peuple a dans la représentation, coeur de la machine démocratique. 

Et il le sait.

Les gens qui découpent les immeubles par appartements, les sociétés en business units pour vendre le rentable, en privant le reste du groupe des ressources (labos,recherche...), par lbo... Les gens qui bradent le bien public (immeubles...) et les joyaux de la couronne (bâtiments, musées, écoles...) pour les revendre au privé, qui donnent au même privé les clés d'institution payées par le public pendant des années (EDF), ils sapent la confiance du peuple dans ceux qui les gouvernent, ils dissolvent peu à peu la colle, le ciment, qui tient la société. En exacerbant les tensions nées de la misère, ils accroissent les conflits inter-ethniques, les repliements communautaires, le chômage, la pauvreté, donc la délinquance, sur lesquels les trafic de drogues du désespoir et d'armes de la violence font leur nid. 

 Et il le savent.

En laissant faire les injustices des promoteurs, des bétonneurs, en laissant toujours les mêmes gagner, ils exaspèrent une population qui les avait élus pour les protéger de cela, pour diminuer la violence des forts, et non "creuser le fossé des inégalités". 
Pour augmenter le patrimoine de ses gosses, de sa belle-sœur, de sa classe, les hommes politiques ont cautionné le système de pourrissement que le capitalisme attend d'eux comme la pâte attend le levain. Ils ont piétiné la confiance que le peuple avait mis en eux, pillé les trésors de leur pays, tué la poule aux œufs d'or. 

Et il le savent.
Les relations entre le peuple et ses dirigeants atteint maintenant un niveau jamais entrevu dans l'histoire. On s'insulte maintenant copieusement, en public. Le "casse-toi connard", est la charnière, la brisure catastrophique, l'arête le long de laquelle la société va filer dans l'ornière. 
Ce n'est pas quelques attentats ou incendies ici ou là qui la ressouderont . 

 Vae Victis. You are doomed.