samedi 7 janvier 2017

La peste ET le choléra

J'entends parler ici ou là, à propos du RdB, d'une opposition entre le monde du travail et celui de la paresse, ou entre le monde de " ceux qui travaillent " et ceux " qui attendent sans rien faire". 

Cette opposition en recouvre une autre, c'est le départ entre ceux qui ferment les yeux sur ce qu'on cautionne lorsqu'on va " travailler " et ceux qui refusent de collaborer à l’œuvre destructrice de la machine.

Aller travailler chez Vivarte, ce n'est pas emballer des chaussures, c'est cautionner la pourriture du LBO et la saloperie des délocalisations, pour permettre à d'autres de mettre leur pièce de cent sous dans la fente en faisant tourner la machine à exploiter des asiatiques et à pourrir la planète. 

Travailler, ce n'est pas élever des animaux, c'est cautionner un système de pourriture de l'alimentation et de l'environnement, travailler dans la restauration, c'est cautionner une industrie agro-alimentaire qui détruit las planète.

Vendre des avions, c'est pire encore, au civil on ajoute la corruption des ventes d'armes en Asie et en Afrique, l'Afrique où le peuple ne voit jamais un rond des milliards détournés. En Afrique du Sud, c'est l'industrie minière qui est corrompue, en Europe, les têtes tombent régulièrement, remplacées par d'autres. En Chine, n'en parlons même pas.

On peut multiplier les exemples, travailler en général, c'est surtout faire tourner les roues d'une machine de corruption généralisée qui ferme les yeux sur son degré de pourriture, pourvu que moi mes enfants parlent plusieurs langues. 

Fermer les yeux sur le sang qu'on a jusqu'aux épaules, dire " après moi le déluge ", se satisfaire de l'éducation de ses enfants, quitte à pourrir la planète de tous les autres terriens, voilà un profil qui caractérise l'engagement compris dans le " travail ". 

Et curieusement, on n'entend jamais parler d'une idée qui voudrait que si les jeunes n'entrent plus sur le marché du " travail " c'est parce qu'ils s'exilent volontairement dans de petites structures qui leur semblent plus " propres " (ONG...)

Ce n'est pas qu'ils ne veulent plus " travailler". Ce dont ils ne veulent plus, c'est du terrain de jeux pourri que leur ont laissé leurs aînés, si occupés à s'entre exploiter qu'ils ne réalisent pas que c'est leurs propres enfants qu'ils détruisent maintenant.

Ainsi comme à Pékin l'enfumée, nous aurons la Peste ET le choléra. La fumée empoisonnée d'une civilisation corrompue ET une économie en train de crever. Et pour le bien de tous. Les jeunes les plus actifs tendront des câbles en travers des robots des oppresseurs , comme dans Terminator et Starwars. Les plus contemplatifs attendront que la pourriture ronge définitivement le système pour s'y intéresser à nouveau.

Et c'est de ces derniers qu'il faudra parler en termes qui masque le phénomène. Ainsi les casseurs dans les manifs seront des " anarchistes". Des tout ce qu'on veut, sauf des gens qui, bien loin de toute orientation politique, n'ont plus rien à faire des options proposées. Quant au grand parti majoritaire, ceux qui ne se déplacent plus pour voter, on n'en parle carrément plus.

Le système à tout intérêt à faire migrer le débat dans l'espace numérique, car ce dernier se contrôle admirablement bien.

Google released a new tool on Thursday that could help businesses better identify and manage abusive comments and online harassment on their websites. The Google Perspective API uses machine learning to rate how "toxic" a given comment could be to a discussion.
Perspective, announced via a Google blog post, was born out of a Google division called Jigsaw, which ramped up its troll-fighting efforts in September 2016. Google's Perspective is part of a larger Jigsaw effort which, among other things, is working to study "how computers can learn to understand the nuances and context of abusive language at scale," its website said.
Le plus simple pour limiter la progression de l'opposition, c'est qu'on n'en entende plus parler. Plus besoin d'envoyer les opposants au Goulag, il suffit que leurs propos soient filtrés par les machines. Pour les durs à cuire, on enverra la police anti-terroriste, qui, pendant l'état d'urgence, peut faire n'importe quoi.

Que la plupart des fils de commentaires se terminent en pugilat stupides devrait plutôt inciter à éduquer les gens qu'à leur imposer un silence artificiel. En les usant de la sorte, ils finiront peut-être par se détourner du système.

mercredi 4 janvier 2017

L'entubage numérique, suite

Quand mon arrière-grand père venait à la maison alors que j'étais enfant, dans les années 60, il arrivait à ma mère de décrocher le téléphone pour appeler un taxi. Temps total de l'opération 1 minute.

Hier j'ai vu deux personnes galérer avec deux iphone 6 pour avoir un taxi. Temps de lutte près d'une demie-heure pour le même résultat.

Idem pour les avions, les assurances etc. On leur vend une fortune des téléphones de merde, équipés d'applis de merde. Et ils font le boulot de standard de taxi, d'agent d'assurance, d'agence de voyages...

Bien sûr, c'est au prétexte que c'est moins cher. Tout est moins cher à commencer par le paquet de cigarettes à 50 francs :D

La différence, c'est qu'ils ont foutu en l'air l'emploi de tous ces gens et qu'on fait faire le boulot au client sur leur iphone. Mais bien sûr " ils ne peuvent plus faire autrement ". 

C'est à pleurer de rire de voir ces gens se foutre les uns les autres à la rue consciencieusement, en bon consommateur rusé qui payent moins que les autres.
Ces pauvres crétins de chauffeurs Uber, qui pensent accompagner le progrès de la mondialisation numérique de la croissance numérique du changement de la mutation, ne font que servir dans un premier temps de main d’œuvre bon marché, aidant ainsi Uber à faire crever les taxis. 

Une fois le terrain nettoyé, Uber vire les esclaves et met des self-driving cars. Les travailleurs s'entrenculent gaiement, et les connards de la Chli con Valle récoltent la mise.
Ensuite les connards entubés vont pleurnicher auprès du gouvernement pour avoir du chômage et des aides. Mais si le gouvernement s'avise de toucher à Uber, c'est du communisme, ça empêche les entreprises de générer de la croassance et de l'emploa.

Aaaaah, c'est tellement bon de voir ces crétins s'entretuer pour faire la fortune de leurs exploiteurs, qu'on en vient à souhaiter que leur agonie se prolonge, malgré tout le mal qu'ils se font. 

Idem hier pour avoir un Rdv dans une clinique (évidemment privée, il n'y en a plus de publique). De mon temps, on avait au bout du fil une dame qui répondait, et qui vous passait le service concerné. Maintenant après des galères de robot vocal qui vous propose d'émerveillement en émerveillement des options dont vous n'avez que faire, on tombe sur un message : " La messagerie de krkeeehehrerekereshhhhhh (bruit de voiture qui roule sur fonds vide) est pleine, au revoir", et le robot vous raccroche au nez.

Et c'est le progrès ça ? Le progrès pour les actionnaires de la Générale, qui s'en mettent plein les fouilles en faisant tourner une clinique de trois cents lits avec deux médecins roumains. Mais le progrès pour les salariés, les patients, les soignants ? Pour la population " en général" ? 

dimanche 11 décembre 2016

La propriété, c'est vraiment le vol

Aujourd'hui, lorsque vous achetez un jeu dans une console genre Xbox, nous n'avez plus le CD, mais un code pour télécharger. Commentaire d'un jeune joueur " C'est dommage, avant, on pouvait emporter le CD chez un copain, et jouer avec lui, même s'il n'avait pas le jeu. " 

C'est comme les contenus de lecture sur les kndle, lecteuses, et autres merdes. Ces connards ont inventé le truc que tu achètes mais que tu ne possèdes pas... et tout le monde l'achète !!!! Rien ne leur fait plus envie que d'acheter enfin le truc ultime, le truc que tu payes sans pouvoir en disposer. Quelle bande de nazes...

Belle enculade : ils t'autorisent à louer le contenu à l'heure et au lieu qu'ils ont décidé eux.  Ils ont réussi à inventer la propriété qui est un vol, à te faire acheter un truc qui ne t'appartient pas.

C'est comme les films numériques, dont le contenu crypté est provisoirement décrypté dans la salle. Du contenu loué par des enculés pour que ce contenu ne diffuse surtout pas et reste prisonnier de leurs horaires de location. 

Imaginez le développement de la civilisation si l'usage de la voiture s'était limité au parc des loueurs à qui il faut rendre le véhicule après avoir payé la course un prix exorbitant.

C'est cela que vous cautionnez d'ailleurs en vous précipitant dans le système, car vous aimez vous faire enculer. Aaaah, excusez-moi, mais qui ne dit mot consent, surtout en matière de relations sexuelles, et quel que soit le deal, vous continuez à dire oui (1).

C'est tout comme le bouquin papier. Avant, le Platon, on se le passait, il circulait. Là, il n'y a plus que les riches qui pourront se l'offrir sur leurs tablettes numériques de merde, puisque plus personne n'aura les moyens d'éditer Platon en support papier (de nombreux volumes trouvés en librairie ne sont déjà plus que des merdes photocopiées à la volée).

Mais comme les riches n'ont rien à foutre de lire Platon sur leur tablette, puisque tout ce qui les intéresse, c'est de se selfier la chatte devant leur piscine en buvant des cocktails, Platon va disparaître tout court. 

Ceci dit, des tas de civilisations ont fleuri sans Platon, de fiers guerriers qui s'entretuaient, ça semble revenir à la mode. Je ne dis pas que c'était mieux avant, je dis que c'est pire maintenant, et je pique cette belle phrase à Jérôme Leroy, auteur de l'inoubliable réplique " Je suis communiste et je t'emmerde". 

J'allais oublier le plus drôle, c'est que ces jeunes, se sentant floués, n'ont aucun remords à prendre quelque revanche, et un des sites sur lesquels ils pompent leurs films s'appelle " C'est pas bien ", comme la leçon que leur font les adultes, et qu'il leur ont apprise. Alors volons-nous tous, et que le meilleur gagne.


(1). C'est trop marrant parce qu'on entend nombre de gens dire " Ah mais c'est affreux, les fichiers, le flicage et tout ". je leur réponds : " Le jour où vous serez convoqués au commissariat pour qu'on vous greffe dans le cul une balise RFID, vous irez en procession, vous amènerez votre famille : " Voici ma fille, monsieur l'officier". 

En fait, on les aura amenés petit à petit à se dépouiller de tout sans opposer la moindre résistance, qu'on leur ôtera toutes les libertés sans l'ombre d'un murmure, au coup de sifflet, ils se mettront en file le long du mur avec le slip aux genoux.

vendredi 9 décembre 2016

Droits d'auteur mon cul

Il y a un truc qui commence à me chauffer avec les droits d'auteur sur Internet, c'est ce phénomène des gens qui s'accaparent une chose au prétexte qu'ils l'ont prise en photo, comme ceux qui s'accaparent une musique parce qu'ils l'ont interprétée. 

Je ne suis pas d'accord pour accepter le fait que parce que tu photographies un truc fait par les Étrusques, on ne puisse plus parler de cette chose sans que tu aies le droit de parler de bloquer le propos au motif que c'est illustré par une statue qui ressemble à ta photo, comme toutes les autres. 

Je ne suis pas d'accord pour accepter le fait que parce que tu as eu la chance d'interpréter une partition de Bach, on ne puisse plus créer une vidéo avec ce concerto sans que tu te réclames propriétaire de la mélodie, au prétexte qu'elle ressemble à ton interprétation. 

Toi aussi tu as profité d'une richesse humaine, toi aussi ce que tu as produit ressemble à du Bach, ce n'est pas ma vidéo qui ressemble à ta musique, c'est nous deux qui ressemblons à Bach. Que ce soit ta version ou une autre, peu importe, tu n'es en rien propriétaire de ce en quoi elle sert l'humanité, et que tu utilises aussi en retournant à l'humanité ce qu'elle t'a donné. 
Si on ne t'avait pas torché avant de te mettre un violon entre les mains, tu ne saurais rien faire, donc cela ne te donne aucun droit sur le musique de Bach.


Les deux appartiennent au patrimoine de l'humanité, et des centaines d'humains ont participé à a confection, sans transmission, sa conservation, et si ces humains n'avaient pas été là pour fouiller la boue, étudier là où il fallait fouiller, pour ramener les pièces, les classer etc., tu n'aurais pas eu la moindre chance de poser ton joli petit pied dans un musée et ton joli petit canon devant la pièce en question. Tu n'es propriétaire de rien, et c'est trop facile de verrouiller la pompe à fric maintenant après tout ce qu'on a fait pour toi pendant des millénaires.

Non, les sculptures faites en Mésopotamie au III ème millénaire avant J.-C. ne t'appartiennent en rien, ni les tableaux de la Renaissance, ni aucune œuvre d'art, ni les plats étrusques, ni rien de tout cela. Tu as juste le droit de les admirer et d'étrenner ton joujou électronique devant, après tu fais tourner. 

Si tu fais un truc qui vaut quelque chose, sois sûr que tu trouveras quelqu'un pour l'acheter. 

Je me souviens d'un petit chef d'entreprise qui gagnait de l'argent sans trop se fatiguer en vendant des logiciels à des garagistes. Il lui suffisait de recopier la disquette et de vendre un nouveau produit. Il s'était offusqué qu'un jour un vilain garagiste avait eu l'idée de recopier la disquette pour son beau-frère, sans repayer le logiciel. Honni soit le pirate ! Il avait juste profité de la même facilité que le vendeur, à savoir faire de l'argent sans valeur ajoutée en faisant des milliards de copie d'un truc identique. 

Ce n'est pas en photographiant la Joconde que vous m'interdirez de la reproduire, elle ne vous appartient pas, pas plus que l'image ou les pixels virtuels qui la composent. Votre industrie du piratage breveté et son modèle ont vécu, mettez vous ça dans la tête.

Si tu ne veux pas qu'on joue ton enregistrement, ne le mets pas sur Internet, on en prendra un autre. Si tu veux participer au jeu, joue le jeu. Si ton but est d'éliminer toutes les autres interprétations  pour qu'on soit forcé de payer la tienne, thème en vogue sur Internet, c'est une raison de plus pour  t'éliminer.

En vertu de quoi, ce que tu mets sur Internet et que mon navigateur peut afficher, c'est à moi. 

dimanche 27 novembre 2016

Je vous ai compris

La France éternelle, celle des boutiquiers revanchards et des petits retraités poujadistes a répondu " Nous voilà ". Elle qui n'ose s'avouer en Catherine Robbe-Grillet, qui cherche un homme qui la tienne finit toujours en ménagère vissée. Elle qui rêve d'un homme à poigne pour nous sortir de l'ornière s'élit des petits chefs qu'elle révoque avec humeur la déception venue.

lundi 21 novembre 2016

Niveau d'alerte : doomed

J'entame ici une série d'articles qu'on retrouvera peut-être sous les décombres. Qu'on les retrouve ou pas m'est égal, ce qui me chagrinerait, ce serait ne pas les avoir écrits.

Seuils  :
Ici, on n'en n'est pas encore à la compétition, on reste dans l'émotion.


Nous recenserons également divers événements prouvant qu'on passe certains seuils en matière de dysfonctionnement de services divers. L'idée n'est pas ici de séparer tel secteur de tel autre, de privilégier le public face au privé ou autre, mais plutôt au contraire de les mettre dans le même sac.

En effet, à force d'être privé de moyens, il arrive un moment où le public se comporte comme le privé, c'est à dire que les deux se mettent à dysfonctionner avec les mêmes symptômes. Cela signifie qu'il y a un élément qu'ils partagent, et cet élément est bien sûr la décorrélation entre les ressources humaines et les ressources machine.

De la même façon qu'il est inquiétant d'entendre marteler à la radio le slogan " Nous sommes dans un état de droit", car il n'y a de pire raison de le répéter que celle de tenter de dissiper l'inquiétude, ce qui connote une sérieuse panique en haut lieu, de la même façon, certains signes annoncent que les humains sont en train de perdre le contrôle de leurs outils. Non pas au sens technique, mais au sens de la maîtrise du sens qu'on donne à leur fonctionnement. Là est le dysfonctionnement.

On ne parlera plus des services de santé, qui seront bientôt au niveau du début du XXème siècle. Encore une fois, tout est basé sur la voiture de pompiers dont on espère qu'elle pourra transporter l'agonisant assez vite, et sur le bus de santé, dont on espère qu'il portera les vaccins au coeur des " cités " (néologismes pour les banlieues misérables gangrenées de violence).

Ceci dit, de l'humain, on en a à revendre.
  • Lorsqu'une administration redemande une quatrième fois le même document déjà expédié, déposé, mailé trois fois, ou des documents qu'on peut trouver sur son propre site web (ex le renouvellement Carte Vitale, dossier quasi-exclusivement composé d'éléments téléchargés sur le site Ameli).
On pourrait penser que le but est de:radier les gens qui n'arrivent pas à suivre. Mais c'est pour les récupérer pire encore. Donc il ne faut pas attribuer au vice ce qui peut s'expliquer par l'incompétence.
  • Les réfugiés en Grèce ont seulement trois options pour pouvoir sortir de ces camps et continuer leur vie : demander l'asile en Grèce, le regroupement familial avec leurs proches en Grèce, ou le transfert dans un autre pays européen si celui-ci accepte de les accueillir.

    Avoir accès à l'une de ces trois options passe obligatoirement par un premier appel via Skype aux services grecs d'accompagnement des réfugiés. Mais ce service n'est accessible qu'une heure par semaine, et pour ceux qui parlent certaines langues seulement. 
Sens : ralentir le flux des migrants.
  • J'ai récemment informé une banque qu'il était inutile de me proposer de renouveler un crédit lié à une carte bancaire que je ne possède pas.  J'ai alors reçu un courrier commençant par un effronté " Nous venons vers vous ", pour m'informer que je ne remplissais plus les conditions pour obtenir ce crédit. Mais que, dans l'éventualité où je souhaiterais à nouveau le lier à ma carte bancaire, ils se tenaient à ma disposition.
Sens : difficile à interpréter. Sans doute la possibilité de maintenir le contrat ouvert, ce qui fait courir des frais et gonfle artificiellement les statistiques de clientèle.

C'est cruel, cette façon de faire hésiter l'adversaire entre le vice et l'incompétence...

Ces dysfonctionnements se rejoignent ce ce que désormais, ils fonctionnent " à vide", produisant et brassant des documents sans plus aucune autre logique que de compléter les cases du document maître de la procédure. Un peu comme dans Brazil, nous sommes en train de basculer du grotesque au tragique.

D'ailleurs, s'ils prolongent l'état d'urgence jusqu'aux élections, c'est pour mieux museler la contestation du système de représentation (pantin contre lepen / pantin gagne)  à bout de souffle

Les organismes sociaux tentent d'endiguer le flux des migrants et demandeurs d'aide divers qui ne peut plus, psychologiquement, s'adapter dans la galaxie SEP-GPS- GSM... Ils sont chassés d'habitats naturels où ils avaient assez de culture pour survivre, et propulsés dans des jungles urbaines ingérables.

Le baume des subventions obtenues à crédit par les pays riches permet de juguler l'inflammation.

Enfin quelques remarques qui ont globalement pour but de montrer qu'il n'y a plus de solution aux problèmes actuels, et que ces derniers sont enchaînés comme des nœuds d'une façon que le desserrage de l'un serre l'autre. 

J'entends par exemple un militant dire :

" Je suis d'accord pour dénoncer cette hypocrite horreur. Mais comment le dire et comment se faire entendre." 

(" Cette hypocrite horreur " désignant ici l'annonce de la vente des Rafale à l'Inde).

Eh bien cher c'est impossible. On ne peut pas transformer une victoire économique et un triomphe national en motif de honte. Même si la vente et l'achat de ces Rafale sont les deux^face d'une ignominie d'un crétinisme absolu, on ne peut en démocratie cracher sur ce que le peuple trouve admirable.

Même si des sots ont trompé des gueux en leur faisant croire qu'il y avait un quelconque intérêt pour qui que ce soit dans cette manœuvre, même si tout n'est que poudre et yeux, corruption et supercherie d'un bout à l'autre, 

" Virer les sortants en 2017 je me battrai pour cela ......oui mais pour mettre qui à la place ? "

Hélas, cher Bernard, personne. La représentation politique telle qu'elle a été mise en place après la seconde guerre en Europe vit ses dernières années. La corruption idéologique (peu importe ce que je pense ou ce que je fais, je cours en zig-zag après les sondages pour gagner demain) de la sphère politique est devenue incompatible avec la fonction qu'elle est censée occuper.

Ce n'est pas très grave dans la mesure ou cette élite politique n'est plus aux commandes. L'avion continuera donc de se crasher sans que les passagers sentent de trou d'air, le temps que le pilote automatique du boursicotage reprenne la trajectoire.

J'ai vu de mes yeux vu hier des gens qui allaient voter à la primaire de la droite. Ils croient à n'importe quoi. Remarque le pape vient d'étendre la capacité de remettre le péché d'avortement depuis les évêques, jusqu'au simple curé de base, comme on étend la couverture d'un réseau en mettant un ampli plus puissant ou une meilleure antenne. L'énormité de tout cela est atterrante, et d'ailleurs, je suis toujours à terre sans pouvoir me relever.

Autre seuil : le rapport entre le (gigantesque) pouvoir de nuisance des nouvelles technologies, et la (petite) conscience qu'en a la collectivité. J'ai récemment entendu parler de ce pauvre expert en sécurité qui s'est fait péter son site par un dDOS impliquant 1500 caméras de surveillance (faut savoir gérer les bêtes...), ou de ceci,  et maintenant cela :


Ce qui est sûr, c'est que la population concernée ne lira pas cette nouvelle. Les gens participent inconsciemment à un bordel dont ils ignorent tout.

Le seuil est donc le ratio, qui tend vers zéro, de ce que les utilisateurs comprennent des enjeux des outils qu'ils achètent. On me dira que l'imbécile des trente glorieuses achetait sans sourciller la bagnole et la machine à laver qui ont détruit sa planète. C'est vrai.


Et on rappelle " I have nothing to hide " is not a privacy concern. Ce n'est pas parce que vous pensez que vous n'avez rien à cacher que la police peut vous surveiller. La police peut changer de chef, et changer d'avis, et d'un coup, ce que vous échangez deviendra dangereux pour votre liberté. Mais ce sera trop tard, vous serez fliqué.

M'enfin, on vous aura assez prévenus, bande de débiles.

Sinon, je trouve ça fascinant qu'on puisse voir d'autres gens regarder des écrans, par Internet :



Sur les deux ci-dessous, pendant que Monsieur joue à Callof, Madame bouine des petites bêtes en fil de fer et laine à l'aide desquelles elle arrondit ses fins de mois sur Etsy.




 Magnifique. Une civilisation sous hypnose.

Le temps que je finisse l'article, la même. Seuls le chat et sa femme bougent. Le chien dort et son Monsieur a les pouces agités parfois de soubresauts.


dimanche 20 novembre 2016

TAP mon cul


Il me disait " Nous, dans les Troupes Aéroportées (TAP), nous avons l'habitude de nous faire larguer sur des zones dangereuses. Une fois au sol, le principal danger vient des jeunes fauves, qui, après avoir dévoré leurs maîtres, s'en prennent aux étrangers qui abordent leur territoire.

Ces bêtes se divisent en trois groupes

- Ceux qui ne savent rien faire, n'ayant rien appris, parce qu'ils ne peuvent rien faire, donc encore moins apprendre à faire, ce qui est logique.

- Les autres, ceux qui ne peuvent rien faire parce qu'ils ne parviennent pas à maîtriser les convulsions de leur corps.

Enfin un troisième groupe rassemble les qualités des deux précédents, le groupe de ceux qui ne veulent rien faire. Ceux là sont les plus intelligents, car ils ont capté toutes les règles du jeu de cache-cache qu'on a mis en place pour les occuper pendant que leurs parents gagnent de quoi payer la voiture pour les déposer à l'école..

Ils veulent, savent et peuvent faire la seule chose qui les intéresse : consommer, selon divers modes. Logique, c'est ce qu'il y a de plus facile et de plus amusant, l'opposé, construire avec effort, étant vraiment chiant. Y'a pas photo.

Un jeu de cache-cache dont les deux seules règles sont extrêmement simples.

Côté animateur :
1 - Il m'est interdit de te forcer à faire ce que tu ne veux pas faire.
2 - Tu ne veux rien faire.

Côté enfant :
1 - A la moindre contrainte, je porte plainte.
2 - Je m'en vais donc t'envoyer des cailloux à la figure.

Les plus doués ont en effet compris que les règles précédentes peuvent se résumer en : " Si, le plus tôt possible, je n'accepte de faire que ce qui me plaît, j'ai gagné la tranquillité à vie ".

En plus, faire ce qui me plaît a un avantage énorme, c'est que j'aime recommencer. J'aime recommencer à manger, à sauter, à courir, à grimper aux arbres ou sur le dos de mes congénères. Donc je fais cela. Quand il fait trop froid, ce qui me plaît, c'est de regarder des dessins animés sur un écran. Je peux parfois même contrôler les personnages.

C'est cool, j'adore regarder des écrans et faire bouger les marionnettes. Je veux bien le faire et je veux bien recommencer.

Le problème pour nous les TAPs, quand on est largués sur une zone, ce sont les drogués. Le drogué ne veut plus rien faire d'autre que consommer sa drogue, il veut y revenir le plus vite possible, et le temps lui paraît long avant la prochaine prise, avant la prochaine partie. Très long.

Alors il saute sur le dos de ses congénères et il brise les vitres avec un bâton. Il casse les vitres, il brûle les voitures, ça c'est amusant, c'est comme dans un jeu vidéo.

Le problème pour nous les TAPs, quand on est largués sur une zone, ce sont donc les drogués. On essaye de les sortir de leur dépendance, mais il faudrait un terrain favorable. Pour sortir un toxicomane de sa dépendance, il faut du temps, beaucoup d'efforts de sa part pour qu'il arrive à ne pas reprendre son produit.

C'est bien aussi que son environnement aie le courage de refuser de lui en donner.

Nous, dans les TAPs, nous essayons de les faire goûter à autre chose qu'à leur drogue. Mais pour cela, il faudrait qu'il tiennent en place 5 minutes. Pour la plupart, c'est donc trop tard. Pour ceux-là, il faudra un sevrage progressif, un entraînement rigoureux au silence et à l'immobilité, au geste intelligent autre que la passe de foot qui les transformera en Maradomilliardaire..

Donc, ne voulant rien faire d'autre que ce qu'ils veulent bien faire, c'est à dire rien, ils n'apprennent rien. Partant, pas à se canaliser ni à se guider. Donc à rien accepter qui vienne de l'intérieur et consentir à l'intégrer dans son comportement. Aucune loi que mon plaisir.

La jungle n'est pas un milieu facile pour eux, car la loi du plus puissant s'appliquera à eux aussi tôt ou tard.

Eux aussi, après avoir vénéré la fougue du rappeur en costar doré qui prône la casse, le viol, les dollars, la castagne, la sape, les dollars, la violence, les filles, les dollars, la came, le casino, la mafia, eux aussi passeront à la moulinette de la drogue, de la prostitution et de la violence.

On en a d'ailleurs un exemple hilarant ici  14:15 où l'animateur, envoyé par on ne sait qui, pour tenter de faire rejouer aux enfants une scène de violence, dans une " mise en situation", se fait bouler lui aussi par des petits malappris, pourceaux mal léchés, à qui il ne manque que quelques tartes pour en atteindre le niveau. Il y en a qui n'ont pas compris que la non-violence et la démocratie, c'est ce qu'il y a de mieux pour ceux à qui on a appris la non-violence et la démocratie. Pour les autres, c'est " Assis, silence, tu écoutes et tu obéis ".

On voit bien d'ailleurs aux USA, qui ont toujours quelques années de décalage (je rappelle que le premier Macdo a ouvert en 1955) qu'ils en reviennent là.

A l'inverse, on se défie bien entendu d'une lignée d'individus dociles, bien dressés au consensus sans choix, qui fasci-ne les amis de l'uniformisation cybernétique. Peut-être pourrait-on dire, dans une vision marxiste, que le viol de la masse des impuissants par les quelques psychopathes qui les dominent par l'argent via la police se produit à peu près de la même façon, sous des tournures en apparence très différentes.

Alors il y a peut-être un avenir pour l'éducation française, quelque chose qui tiendrait de l'uniformité militaire et de l'ignorance crasse, un établissement scolaire où l'élève serait enfin pris en compte dans toute sa nullité, où tout ressemble à tout, et surtout à rien, et où les leçons de grammaire ressemblent à cela

Le problème, c'est que maintenant, vous n'avez plus le choix. Vous allez vers ça aussi sûrement que le  Titanic à l'iceberg. Je vous souhaite bonne chance, moi je rame dans l'autre sens pour m'éloigner du centre du séisme.

Il paraît que c'est parce que les enfants sont " fatigués". Je les ferais venir à pied à l'école, au lieu de les déposer devant la grille avec le 4x4 diesel à crédit, ça les userait un peu.

Un an après, je reprends ce billet pour le mettre à jour. Suite au bordel innommable mis par les enfants pendant les TAPs, la "référente" (contremaître des animateurs) est venue " recadrer". Résultat : elle n'a pas réussi à obtenir le silence :D

Pas plus qu'en début d'année pour la séance inaugurale... :D

" Faut que ce soit un moment de plaisir partagé, tu comprends". La version " partouze " de l'éducation : D 

Quelle bande de branleurs...

Sinon, j'aime bien ça aussi :

" Le Lycée XXX d'Orléans est en recherche d'un ou d'une plasticienne pour une intervention ponctuelle en mars.

Ils travaillaient pour le moment avec une compagnie de théâtre du nom de XXX que nous connaissons bien. La Compagnie XXX est intervenue sur une journée en mode spectacle de rue. Les profs avaient simulé une alerte incendie et la compagnie a débarquée.. (sic). L'enjeu étant pour les profs d'aider les jeunes à comprendre le rôle des artistes en utilisant ce moment comme matériel...

Ils souhaitent une intervention de ce type autour des arts plastiques, donc plutôt performative. " 

Ils cherchent pas une compagnie de pompiers pour se mettre en carré dans la cour et simuler une enculade générale, afin d'aider les jeunes à apprendre les fractions ?

Heureusement, il y a France Culture pour nous aider. On a l'émission " 30 secondes pour méditer ", avec Christophe André, principal contributeur des magazines féminins, star de la paix intérieure sur papier glacé à 5 euros.

En 2015, on avait Onfray, en 2016 on a Christophe André. En 2017, on devrait avoir Garcimore.

Encore une fois, personnellement, je m'en contrefous :D Que de jeunes fauves mal dressés vous bouffent psychiquement pour assouvir leurs instincts, que votre civilisation s'écroule sur place, cela m'est totalement indifférent".

Et pourtant, c'est un vrai, un authentique poète. Il écrit les choses les plus touchantes, et son être est comme l'assiette fêlée. Alors, a-t-on " cassé " ces gens là ?

Don't let me be misunderstood. Il ne s'agit pas de prêcher un retour à je ne sais quel âge d'or. Il s'agit de trouver à la république laïque les nouveaux termes dans lesquels faire comprendre ses enjeux, avant qu'elle n'en soit dépossédée par le trio consumérisme-fascisme-religion.

Le compte à rebours, a hélas, et comme dans tous les mouvements historiques, commencé avant qu'on ait les moyens de s'en rendre compte.