samedi 7 janvier 2017

La peste ET le choléra

J'entends parler ici ou là, à propos du RdB, d'une opposition entre le monde du travail et celui de la paresse, ou entre le monde de " ceux qui travaillent " et ceux " qui attendent sans rien faire". 

Cette opposition en recouvre une autre, c'est le départ entre ceux qui ferment les yeux sur ce qu'on cautionne lorsqu'on va " travailler " et ceux qui refusent de collaborer à l’œuvre destructrice de la machine.

Aller travailler chez Vivarte, ce n'est pas emballer des chaussures, c'est cautionner la pourriture du LBO et la saloperie des délocalisations, pour permettre à d'autres de mettre leur pièce de cent sous dans la fente en faisant tourner la machine à exploiter des asiatiques et à pourrir la planète. 

Travailler, ce n'est pas élever des animaux, c'est cautionner un système de pourriture de l'alimentation et de l'environnement, travailler dans la restauration, c'est cautionner une industrie agro-alimentaire qui détruit las planète.

Vendre des avions, c'est pire encore, au civil on ajoute la corruption des ventes d'armes en Asie et en Afrique, l'Afrique où le peuple ne voit jamais un rond des milliards détournés. En Afrique du Sud, c'est l'industrie minière qui est corrompue, en Europe, les têtes tombent régulièrement, remplacées par d'autres. En Chine, n'en parlons même pas.

On peut multiplier les exemples, travailler en général, c'est surtout faire tourner les roues d'une machine de corruption généralisée qui ferme les yeux sur son degré de pourriture, pourvu que moi mes enfants parlent plusieurs langues. 

Fermer les yeux sur le sang qu'on a jusqu'aux épaules, dire " après moi le déluge ", se satisfaire de l'éducation de ses enfants, quitte à pourrir la planète de tous les autres terriens, voilà un profil qui caractérise l'engagement compris dans le " travail ". 

Et curieusement, on n'entend jamais parler d'une idée qui voudrait que si les jeunes n'entrent plus sur le marché du " travail " c'est parce qu'ils s'exilent volontairement dans de petites structures qui leur semblent plus " propres " (ONG...)

Ce n'est pas qu'ils ne veulent plus " travailler". Ce dont ils ne veulent plus, c'est du terrain de jeux pourri que leur ont laissé leurs aînés, si occupés à s'entre exploiter qu'ils ne réalisent pas que c'est leurs propres enfants qu'ils détruisent maintenant.

Ainsi comme à Pékin l'enfumée, nous aurons la Peste ET le choléra. La fumée empoisonnée d'une civilisation corrompue ET une économie en train de crever. Et pour le bien de tous. Les jeunes les plus actifs tendront des câbles en travers des robots des oppresseurs , comme dans Terminator et Starwars. Les plus contemplatifs attendront que la pourriture ronge définitivement le système pour s'y intéresser à nouveau.

Et c'est de ces derniers qu'il faudra parler en termes qui masque le phénomène. Ainsi les casseurs dans les manifs seront des " anarchistes". Des tout ce qu'on veut, sauf des gens qui, bien loin de toute orientation politique, n'ont plus rien à faire des options proposées. Quant au grand parti majoritaire, ceux qui ne se déplacent plus pour voter, on n'en parle carrément plus.

Le système à tout intérêt à faire migrer le débat dans l'espace numérique, car ce dernier se contrôle admirablement bien.

Google released a new tool on Thursday that could help businesses better identify and manage abusive comments and online harassment on their websites. The Google Perspective API uses machine learning to rate how "toxic" a given comment could be to a discussion.
Perspective, announced via a Google blog post, was born out of a Google division called Jigsaw, which ramped up its troll-fighting efforts in September 2016. Google's Perspective is part of a larger Jigsaw effort which, among other things, is working to study "how computers can learn to understand the nuances and context of abusive language at scale," its website said.
Le plus simple pour limiter la progression de l'opposition, c'est qu'on n'en entende plus parler. Plus besoin d'envoyer les opposants au Goulag, il suffit que leurs propos soient filtrés par les machines. Pour les durs à cuire, on enverra la police anti-terroriste, qui, pendant l'état d'urgence, peut faire n'importe quoi.

Que la plupart des fils de commentaires se terminent en pugilat stupides devrait plutôt inciter à éduquer les gens qu'à leur imposer un silence artificiel. En les usant de la sorte, ils finiront peut-être par se détourner du système.

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